« Tuer la mort » : un essai controversé en Amérique latine

Publié le : 6 juin 2017

« Tuer la mort ». Cet objectif transhumaniste est au cœur d’un essai controversé de réanimation de patients en état de mort cérébrale, le projet Reanima. La société de biotechnologies Bioquark, qui avait déjà fait parler d’elle en mai 2016 (cf. Essai « ReAnima » : des chercheurs veulent ramener à la vie des patients en état de mort céarébrale), envisage de débuter un nouvel essai en Amérique latine d’ici quelques mois. Le protocole, identique au premier essai annoncé mais avorté en Inde[1], consiste à injecter des cellules souches du patient dans sa moelle épinière pour stimuler la croissance de neurones, les pousser à se connecter les uns aux autres, « et ainsi ramener le cerveau à la vie ». Des « thérapies » complémentaires seront également mises en œuvre : injection d’un mélange de protéines dans la moelle épinière, stimulation nerveuse électrique et traitement du cerveau au laser. Bioquark souhaite intégrer vingt patients à cet essai.

 

De nombreuses questions sont à ce jour sans réponses : « Qui décide si le patient est réellement en état de mort cérébrale ? Comment une personne décédée peut-elle participer à l’essai ? Qu’est-il prévu si les patients ‘ressuscitent’ et sont gravement handicapés ? Les chercheurs ne jouent-ils pas avec les espoirs des familles ? Même en Amérique latine, obtiendront-ils une approbation éthique ? ».

 

Nombre de scientifiques et bioéthiciens accusent Bioquark de « charlatanisme », et d’ « abuser des espoirs des familles en deuil ». Le PDG de Bioquark, Ira Pastor, reconnait que l’idée est « audacieuse », mais il pense que cela est possible, à l’instar de jeunes patients rétablis après une mort cérébrale : « De tels cas soulignent que les choses ne sont pas toujours noires ou blanches dans notre compréhension des graves troubles de la conscience », explique-t-il. En outre, il aurait mené des essais chez l’animal et les différentes phases du protocole ont déjà été testées chez des patients – vivants – atteints de lésions cérébrales, avec des résultats positifs.

 

 

[1] L’essai annoncé à Rudrapur en Inde en avril 2016 n’a jamais inclus de patients ; il a été clôturé en novembre 2016. 

 

<p>BioEdge, Michael Cook (2/06/2017); STAT, Kate Sheridan (1/06/2017)</p>

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