Transplantation : la recherche d’une alternative aux médicaments immunosuppresseurs testée chez le rat

Publié le : 16 mars 2020

Une étude menée sur des rats par l’université de Pittsburgh dans l’état de Pennsylvanie aux Etats-Unis, publiée le 13 mars 2020 dans Science Advances fait état d’une alternative aux médicaments immunosuppresseurs indispensables pour éviter le rejet d’un membre greffé. Pour mener cette expérience, les chercheurs se sont inspirés de la stratégie menée par les tumeurs pour échapper à la détection du système immunitaire. Ils ont « injecté de microparticules qui libèrent une protéine – la CCL22 – qui recrute des lymphocytes T régulateurs pour entraîner le système immunitaire des rats receveurs du membre d’un donneur à reconnaître le tissu étranger » comme étant leur propre corps. Ils estiment possible de mettre au point une thérapie qui libérerait la CCL22 de manière synthétique pour « créer quelque chose qui ne serait pas une tumeur, mais qui serait à même de tromper le corps pour qu’il accepte quelque chose comme une greffe, qui aurait autrement été rejeté ».

 

L’étude a montré que le système immunitaire des receveurs avait accepté les membres transplantés ainsi qu’une greffe de peau provenant du même donneur. L’acceptation de la greffe de peau s’est faite en l’absence d’immunosuppression. Par ailleurs, les receveurs ont complètement rejeté une greffe de peau provenant d’un troisième rat. Steven Little, bio-ingénieur à l’université de Pittsburgh explique avoir « convaincu le système immunitaire que ce [donneur] est maintenant lui-même ». Dans cet essai, « le système immunitaire est toujours compétent, donc si vous lui donnez l’antigène d’un troisième animal, il le rejette ».

 

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<p>The Scientist, Abby Olena  (13/032020) - Science Advances (13/03/2020)</p>

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