Thérapeutique fœtale : L’Académie de médecine sceptique

Publié le 25 Mai, 2016

L’Académie nationale de médecine a rendu un rapport au sujet de la thérapeutique fœtale, qui s’est développée ces dernières années avec la mise au point de traitements médicaux et chirurgicaux innovants.

 

Dans son rapport, l’Académie « souligne le fait que la thérapie fœtale ne vise pas la survie à tout prix. C’est la qualité de cette survie qui justifie seule son utilité et son efficacité ».  L’Académie considère que la thérapie fœtale est « une alternative à l’interruption de grossesse pour raison médicale », et déclare qu’un « un mauvais pronostic n’autorise pas à proposer n’importe quoi et par n’importe qui ». Les anomalies concernées par la thérapeutique fœtale sont celles présentant « un risque d’aggravation irréversible pendant la vie intra utérine, ou des séquelles graves et irrémédiables à la naissance »[1].

 

Pour les chirurgies réalisée à utérus ouvert (par exemple pour le traitement de la spina bifida), l’Académie explique que « les risques de la chirurgie à utérus ouvert sont potentiellement plus graves non seulement pour la grossesse en cours mais aussi pour les grossesses ultérieures en raison de la cicatrice utérine corporéale[2] favorisant les ruptures utérines et le placenta accreta[3] ». Elle « attend les avancées de la chirurgie endoscopique ».

 

Par ailleurs, le rapport émet des réserves concernant l’utilisation de « la thérapie embryonnaire », mais  plaide en faveur du développement des soins palliatifs néonatals.

 

Enfin, l’Académie recommande de « créer des centres référents en chirurgie fœtale adossés aux centres pluridisciplinaires de diagnostic prénatal (CPDPN) ».

 

 

[1] La thérapeutique fœtale comprend aujourd’hui la prévention du syndrome de détresse respiratoire aiguë du prématuré, le traitement de l’anémie fœtale, le traitement du syndrome transfuseur-transfusé, le traitement des dysthyroïdies fœtales dans la maladie de Basedow maternelle, le traitement de l’infection fœtale par le toxoplasme, le traitement des troubles de la conduction auriculo ventriculaire fœtale, la prévention de la virilisation dans l’hyperplasie congénitale des surrénales.

D’autres thérapeutiques fœtales sont en cours d’évaluation.

[2] Cicatrice située sur le corps de l’utérus, entrainant un risque de rupture utérine.

[3] Insertion du placenta dans le myomètre (couche musculeuse de l’utérus), entraînant un risque d’hémorragie lors de l’accouchement.

Le Quotidien du Médecin, Irène Drogou (26/05/2016)

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