Survie des extrêmes prématurés : la France mauvaise élève

Publié le 24 Jan, 2022

La survie des « extrêmes prématurés » français est moins fréquente que celle des suédois et des anglais. Les « extrêmes prématurés » (EP) sont des enfants nés avant 27 semaines d’aménorrhée. Leur survie dépend en premier lieu de leur âge gestationnel à la naissance, mais aussi du pays et du centre dans lesquels a lieu la naissance.

Des taux de survie plus faibles en France pour toutes les cohortes 

Une étude épidémiologique d’AS Morgan, publiée par le Journal International de Médecine (JIM) décrit les différences de survie entre les extrêmes prématurés nés en France, en Angleterre et en Suède [1]. Elle compare les chances de survie au bout de 112 jours des nouveau-nés de 22 à 26 semaines d’aménorrhée (cf. Bébés prématurés : des chances de survie dès 22 semaines). Seuls les fœtus vivants, lors de l’entrée de leur mère en salle d’accouchement, ont été pris en compte.

En France, seuls 0,5% des enfants nés entre 22 et 23 semaines survivent. Alors qu’ils sont 10,8% en Angleterre et 28,2% en Suède. De même, à 24 semaines d’aménorrhée, 23,6 % des Français survivent, contre 40% des Anglais et 68,5% des Suédois. A 25 semaines, 56,9% des nouveau-nés français survivent. Ce chiffre grimpe à 64,8% pour la cohorte anglaise et 80,5% pour la suédoise. L’écart se réduit à 26 semaines, avec un taux de survie de 74,4% pour les extrêmes prématurés français, quand il est de 77,1% pour les Anglais et 86,6% pour les Suédois.

« Les décisions éthiques concernant la prise en charge » mises en cause

Selon cette étude, « les différences de survie entre les cohortes se créent en grande partie lors de l’accouchement et de la naissance, mais elles continuent à augmenter au-delà des premiers jours de vie, sauf à 26 semaines ». De l’accouchement jusqu’aux 28 premiers jours, les risques de décès en France sont plus élevés qu’en Angleterre et en Suède. Ces différences de survie au bout de quatre mois « sont l’aboutissement d’un processus de décroissance de la survie tout au long de la période néonatale, plus marqué chez les EP anglais, et surtout chez les EP français de moins de 26 semaines ». L’étude précise que « les décisions éthiques concernant la prise en charge active de l’extrême prématurité en période néonatale sont dès lors une explication plausible des différences de survie entre les cohortes » (Cf. Nouveau-nés prématurés : des bébés viables de plus en plus tôt).

 

[1] Morgan AS et coll. : Birth outcomes between 22 and 26 weeks’ gestation in national population based-cohorts from Sweden, England and France. Acta Paediatrica 2022 ; 111 : 59-75

Source : JIM, Dr Jean-Marc Retbi (20/01/2022)

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