Son implant contraceptif en morceaux dans les poumons : elle poursuit les médecins et le laboratoire

Publié le : 4 février 2020

Suite à l’échec du retrait de son implant contraceptif, Marine Bocquet, 25 ans et mère de deux enfants, déclenche une procédure judiciaire. La jeune femme s’était fait poser un implant contraceptif de la marque Nexplanon en juin 2019. Ne comprenant pas pourquoi « du jour au lendemain ou presque, après la pose de cet implant, elle s’était mise à avoir si mal », elle a demande qu’on lui retire l’implant, « qui s’est révélé introuvable ». « En novembre, après plusieurs examens », il est finalement « localisé dans le poumon ».

 

Elle subit alors une intervention au CHR de Lille. L’opération échoue. « Un scanner révèle que quatre morceaux de 3 mm, 8 mm, plus ou moins 10 mm et 25 mm sont disséminés dans plusieurs vaisseaux des poumons. » Contacté par la jeune femme, le CHR indique qu’on ne peut plus lui enlever les morceaux. « Elle doit vivre avec. »

 

En arrêt maladie depuis le 25 novembre, elle confie : « Je peux passer trois jours sans être capable de faire quoi que ce soit parce que j’ai mal partout, à la tête… Dès que je fais un effort, je suis essoufflée comme je ne l’ai jamais été, même quand je fumais. » Et elle s’interroge sur sa capacité à retravailler.

 

Me Emmanuel Riglaire, son avocat, a lancé une assignation en référé pour obtenir une expertise médicale, afin de déterminer « les responsabilités de chacun des trois acteurs » : le médecin qui a posé l’implant, le laboratoire Merck Sharp & Dohme France qui le commercialise, « un des poids lourds de l’industrie pharmaceutique », et celle des chirurgiens qui ont tenté de le retirer.

 

L’Agence nationale du médicament et des produits de santé (ANSM) avait donné l’alerte, le 6 décembre dernier (cf. Migration d’implants contraceptifs : nouvelle alerte de l’ANSM) : « Il existe un risque que l’implant contraceptif Nexplanon (la seule marque commercialisée en France) migre par les vaisseaux sanguins, y compris jusqu’aux poumons ». On dénombre « 107 cas dans le monde entre août 1998 (date de la première commercialisation) et le 3 septembre 2019 ». Et « 30 cas ont été signalés en France depuis mai 2001. » (cf. Migration d’implants contraceptifs dans les poumons : trente cas signalés en France). 200 000 femmes se font poser un implant chaque année en France.

 

Pour aller plus loin :

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<p>La Voix du Nord, Anne-Gaëlle Besse (03/02/2020)</p> <p> </p>

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