Soins Palliatifs : des actions positives, une vigilance accrue

Publié le : 27 juin 2017

La Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (SFAP) s’est réunie fin juin à Tours pour son 23ème congrès. A cette occasion le docteur Anne de la Tour, médecin au Centre hospitalier Victor Dupouy d’Argenteuil (Val d’Oise) a été réélue présidente de la SFAP (cf. Le Docteur Anne de la Tour élue présidente de la SFAP).

 

Au bilan de ce congrès, un constat positif : « la diffusion de la culture palliative aux différentes disciplines médicales porte ses fruits, comme le témoigne le recours désormais courant aux soins palliatifs en hématologie, en pédiatrie ou en neurologie ». Cette interaction avec d’autres disciplines médicales permet « d’éviter la déshumanisation des soins » et de prévenir l’épuisement professionnel « puisque l’incertitude est plus facile à porter avec d’autres ».  Les efforts doivent à présent porter sur la diffusion en psychiatrie ou vers le champ du handicap. Toutefois, « la vigilance doit être maintenue », prévient Marie Claude Daydé, infirmière libérale au sein du réseau de soins palliatifs Relience en Haute-Garonne, notamment sur « la tarification à l’activité qui élimine des séjours en unité de soins palliatifs (USP) », sur « l’hyper médicalisation des prises en charge à domicile », et sur « la multiplication des objets connectés », car « la question de la temporalité est en tension accrue avec l’utilisation de ces objets, entre l’immédiateté et le temps du malade ». En conclusion, Marie-Claude Daydé, ancienne vice-présidente, a invité les acteurs de soins palliatifs à « contaminer les Agences Régionales de Santé à l’ouverture et à l’impertinence pour que l’accès aux soins palliatifs soit une réalité dans les territoires ».

 

Ce congrès a également été l’occasion de donner la parole à de nouveaux acteurs de soins, exerçant de nouveaux métiers dans la prise en charge en soins palliatifs. Ainsi, l’unité de soins palliatifs du CHU de Nice « dispose d’une gouvernante », salariée par l’association Pallia-Aide, « confidente privilégiée des familles » : depuis cinq ans, elle « déambule dans l’unité avec son chariot pour proposer un apéritif ». A Dijon, une musicothérapeute exerce auprès de personnes démentes en fin de vie. « Sans disposer de données chiffrées sur un moindre usage des médicaments contre la douleur, elle note une diminution des traitements contre l’anxiété chez ses patients ». L’équipe du centre SSR de la fondation des Diaconnesses de Reuilly à Saint-Privat-des-Vieux a pour sa part entamé la mise en place de logothérapie dans son offre de soin, une « thérapie par la recherche du sens de la vie », approche « plutôt philosophique de dialogue socratique ». Là aussi, « les résultats montrent une diminution des doses médicamenteuses et une amélioration dans la lutte contre la douleur et l’anxiété ». Dans l’Aude, la bibliothérapie « ‘facilite’ les soins douloureux mais elle est majoritairement utilisée en dehors des moments de soins », et les proches pourraient être partie prenante de cette approche.

 

Enfin, la SFAP a rédigé trois fiches de postes de secrétaire médicale en soins palliatifs, en fonction des lieux d’exercice. « La secrétaire ne soigne pas mais prend soin » par son accueil, son empathie et ses activités spécifiques : « gestion d’un fond documentaire, accompagnement du deuil ou préparation des formations ». Une formation est en cours de constitution « autour de l’accueil de la demande en soins palliatifs ».

<p>Hospimedia, Jérome Robillard (26/06/2017)</p>

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