Risque d’asthme chez les enfants conçus par AMP : un lien de plus en plus clair

Publié le 5 Déc, 2018

Il était connu que les enfants conçus par AMP pouvaient être plus sujets à l’asthme, sans que l’on sache s’il fallait incriminer les traitements de fertilité ou d’autres facteurs liés à l’hypofertilité des parents. Une nouvelle étude parue dans la revue Thorax, qui relie les données sur les naissances en Norvège et les prescriptions d’antiasthmatiques, montre qu’un taux de fécondité plus faible n’explique pas à lui seul le risque d’asthme accru ; certains aspects des traitements de fertilité doivent donc jouer un rôle, concluent les chercheurs.

 

Les auteurs ont recensé pour chaque naissance les informations sur les traitements de fertilité, le temps pour concevoir, le calendrier des éventuelles fausses couches antérieures, l’âge de la mère, l’asthme de la mère, le tabagisme pendant la grossesse et le poids avant la grossesse. Ils ont également cherché pour chaque enfant les prescriptions potentielles d’antiasthmatiques au cours des 12 derniers mois, lorsque l’enfant avait 7 ans. Un peu plus de 4% des enfants recensés étaient asthmatique. Les enfants conçus à l’aide d’un traitement de fertilité étaient à 42% plus susceptibles de souffrir d’asthme que ceux conçus naturellement et sans délai. Ils étaient à 22% plus susceptibles de souffrir d’asthme que ceux conçus naturellement mais avec un délai de plus de 12 mois. Par conséquent, l’hypofertilité n’explique pas complètement le risque d’asthme accru observé chez ces enfants. Par ailleurs, le nombre de fausses couches précédentes implique un risque d’asthme accru (7% en cas de fausse couche unique, 24% pour trois ou plus).

 

Cette étude observationnelle n’établit pas la cause, d’autres recherches sont nécessaires. Plusieurs explications plausibles ont toutefois été avancées : le rôle des traitements de stimulation ovarienne, la congélation et la décongélation de l’embryon, l’environnement hormonal, ou encore la manipulation des embryons. Les auteurs suggèrent aussi que le système immunitaire pourrait être en cause, ce même système jouant un rôle à la fois dans l’hypofertilité et les fausses couches.

Medical press (4/12/2018)

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