René Frydman et l’embryon

Publié le : 14 octobre 2010

Le Parisien.fr publie une interview du Pr René Frydman, "père scientifique" du premier bébé éprouvette français, Amandine, née en 1982 à l’hôpital Béclère de Clamart.

Au sujet du projet de loi de bioéthique, René Frydman se dit favorable à l’adoption de mesures "permettant des innovations scientifiques futures. Car en France, nous avons un système de blocage absurde". Il conviendrait d’autoriser selon lui la vitrification d’ovules (Cf. Synthèses de presse du 20/05/10 et du 09/06/10)  : "depuis quatre ans, avec mon équipe, nous avons déposé quatre projets de congélation d’ovules sans aucune réponse". René Frydman récuse les termes de la loi actuelle prévoyant qu’une femme ne peut donner ses ovocytes que si elle est déjà mère. C’est "un peu idiot, car ce sont les femmes jeunes sans enfants qui ont le plus envie de donner.[…] Il suffirait de permettre à ces jeunes femmes, lorsqu’elles font un don, de congeler plusieurs de leurs propres ovules pour elles. C’est très simple!" 

René Frydman est aussi favorable à la recherche sur l’embryon. En France, "nous luttons contre un courant défavorable. Nous sommes encore considérés comme des apprentis-sorciers. La France reste la fille aînée de l’Eglise, on est bien loin de la culture protestante propice à la recherche". Il y a selon lui "trop de freins" dans la loi. Il faut que celle-ci "régule mais n’empêche pas le progrès". 
Par ailleurs, il se dit pour la levée partielle de l’anonymat du don de gamètes mais contre l’autorisation des mères porteuses à cause du "côté forcément mercantile de la gestation pour autrui".

Enfin, il se réjouit de la remise du prix Nobel de médecine au biologiste Robert Edwards, "père" du premier bébé éprouvette, Louise Brown née en 1978 : "Edwards est allé jusqu’au bout. […] C’est un homme qui m’a encouragé dans la voie que j’ai choisie". Il souligne que "la réaction de rejet du Vatican montre […] combien notre travail d’aide à la procréation par la science peut encore être considéré comme sulfureux", de même que les travaux sur le diagnostic préimplantatoire (DPI).

Le Parisien.fr (propos recueillis par Hélène Bry) 12/10/10

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