Recherche sur l’embryon : loi civile et transgression

Publié le 19 Mai, 2009

Archevêque de Rennes et président du groupe de travail des évêques de France sur la bioéthique, Mgr Pierre d’Ornellas revient sur la proposition du Conseil d’Etat d’adopter un régime permanent d’autorisation de la recherche sur l’embryon humain et les cellules souches embryonnaires humaines à la place de l’actuel système d’interdiction assorti de dérogation (cf. Synthèse de presse du 06/05/09).

Il dénonce la contradiction selon laquelle le Conseil d’Etat (CE) reconnaît, d’une part, que détruire un embryon humain est une transgression mais préconise, d’autre part, d’autoriser la recherche qui nécessite cette destruction. Le CE "croit juste de soumettre cette autorisation au "consentement écrit préalable du couple dont les embryons sont issus", autant dire des parents". Mais comment protéger la liberté de ces-derniers "d’éventuelles pressions de ceux qui veulent "utiliser" l’embryon humain pour étendre leurs connaissances", s’interroge-t-il. Et, "quand le projet parental s’estompe, l’embryon humain ne change pas de nature" ; "le détruire demeure une transgression", rappelle-t-il.

Le CE a choisi par ailleurs de soumettre à conditions l’autorisation de ces recherches, avec, peut-être, "le secret espoir que la "transgression" ne soit pas commise". "Mais comment garantir que le respect de ces conditions soit rigoureux", demande Mgr d’Ornellas.

Enfin, ajoutons que la haute juridiction reconnaît "l’avantage de maintenir l’affichage d’un interdit symbolique fort lié à la recherche sur l’embryon" tout en supprimant cette mention de l’interdit. "Que signifie une loi civile qui ne dit plus où est la transgression ? Comment sera-t-elle éducatrice des consciences ?"

L’évêque de Bayonne Lescar et Oloron, Mgr Marc Aillet, réagit lui aussi à cette proposition du CE. "La tentation pour l’homme de s’ériger en maître de la vie de ses semblables, conduit le monde sur les voies d’une barbarie sans nom dont l’Histoire contemporaine porte encore les stigmates. (…) La promotion du "principe de dignité" est le seul moyen de garantir l’égalité au sein de la société en protégeant d’abord les plus faibles et les plus vulnérables", écrit-il. "L’objectif premier de la loi n’est-il pas de favoriser l’amitié sociale entre tous, sans discrimination entre vie et vie ?" Or, poursuit-il, "nous avons tous été des embryons"…

La Croix 19/05/09 – Liberté politique.com 15/05/09

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