Qu’est-ce que la nature ? – François-Xavier Putallaz

Publié le 5 Mai, 2022

L’écologie, le climat, l’environnement sont au cœur de l’actualité. Dans ce bref opuscule, François-Xavier Putallaz repense le concept de nature, une question essentielle à laquelle l’homme n’échappe pas.

Partant de l’opposition, caractéristique de notre siècle, entre liberté et nature, l’auteur interroge les impasses actuelles particulièrement évidentes en bioéthique. Faut-il, par exemple, autoriser, au nom de la liberté, une « technique sophistiquée non naturelle » comme celle de l’autoconservation des ovocytes pour des raisons sociales ? Elles le conduisent à interroger : « l’être humain est-il un être de la nature ou bien y échappe-t-il » ?

L’auteur remonte le temps de l’histoire de la philosophie avec Sartre, Kant et, surtout Descartes, qui, en réduisant la nature corporelle à l’étendue mesurable, ruine « l’unité substantielle de l’humain » : il affirme l’unité substantielle de l’âme et du corps humains, mais il la compromet en les définissant comme deux substances d’essence opposée. L’esprit dès lors, qui fait toute la personne, ne peut être qu’accidentellement uni à un corps étendu. Cette conception provoque un changement radical. Elle va fonder l’objectivité de la science porte ouverte à la connaissance technique, au contrôle, à la maîtrise de la nature. Une mainmise qui n’est pas sans conséquence.

L’auteur revient à la « nouveauté » introduite par Aristote, au IVe siècle avant JC, pour qui la « nature n’est plus seulement définie comme un ensemble et un tout, mais comme le principe interne à chaque chose qui l’oriente vers sa finalité propre », c’est-à-dire vers un sens, vers ce pour quoi elle est faite. Ce principe interne pousse à grandir, à agir, à se déplacer…  L’arbre, par exemple, trouvera son accomplissement dans son fruit, principe lui-même d’un nouvel arbre.

Ainsi envisagée, la nature, par son orientation intrinsèque et son intelligibilité, comporte une forme de normativité qui, sans asservir l’action humaine, lui offre un fondement de sa régulation morale.

Ce texte est suivi d’« Enfin la nature ! » de Fabrice Hadjadj, qui propose de sortir d’une vision concurrentielle entre l’homme et la nature. Il critique une science « utile à la vie », « une technoscience qui permet de maîtriser, réparer, voire même améliorer le vivant comme on le fait d’une machine » pour « travailler au Meccano des molécules, des gènes, des particules élémentaires » et réhabilite l’homme comme le vivant « le plus conforme à la nature ». Il joue comme tel un rôle majeur et « sa liberté, loin de s’opposer à la nature » en est la « réalisation la plus haute ».

Autant de réflexions qui fondent les éléments d’une écologie inclusive, qui articule nature, raison, technique et responsabilité, pour retrouver le sens d’une écologie intégrale, celle d’une nature réconciliée avec l’homme.

Date de parution : 24/02/2022

Edition : Salvator – Philanthropos

Nombre de pages : 134

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