Québec : contestations du test de dépistage prénatal de la trisomie 21

Publié le : 21 juin 2010

Des médecins québécois s’opposent vivement au nouveau test de dépistage prénatal de la trisomie 21 proposé gratuitement dans la région de Québec dont il dénoncent la "mauvaise performance". Ce test consiste en deux prises de sang effectuées entre la 10e et la 13e semaine de grossesse, et entre la 14e et la 16e semaine de grossesse.  Les docteurs Pierre Miron et Samir Khalifé expliquent que ce test "expose les femmes enceintes à des risques accrus" et qu’il n’est pas fiable.

En dehors de ces considérations techniques, l’Association pour l’intégration sociale du Québec (AISQ) conteste, sur le plan éthique, ce programme de dépistage prénatal de la trisomie 21. Dans un communiqué, l’AISQ dénonce "la stigmatisation des foetus porteurs de trisomie 21 par les médecins, qui jouent un rôle prépondérant dans l’actualisation du programme et la confusion induite par la difficulté d’interprétation des résultats et de ce qu’ils signifient réellement pour les futurs parents".

L’AISQ se dit très sceptique sur la notion de "consentement libre et éclairé des femmes et des couples" sachant que, selon une étude, "le médecin accorde en moyenne 6,5 minutes par visite à sa patiente enceinte" (Cf. Synthèse de presse du 26/05/10). Elle s’insurge également contre les propos "orientés" de certains médecins qui qualifient de "bons bébés" ceux qui ne sont pas porteurs de trisomie. L’association dénonce cette discrimination et les pressions subies par les femmes. Soulignant le sous-financement des services de soutien aux personnes atteintes de déficience intellectuelle, elle interroge sur les intentions réelles de l’Etat dans sa volonté de détecter les foetus porteurs de trisomie 21.

Cyberpresse.ca (Dr. Pierre Miron, Dr. Samir Khalifé) 19/06/10 - Yoopa.ca 15/06/10 - Aisq.org 17/06/10

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