Prélèvement d’organes sur personnes décédées après arrêt des traitements : le dispositif s’étend, le débat se poursuit

Publié le : 20 mars 2015

En 2015, l’agence de biomédecine (ABM) a lancé une phase pilote dans quelques établissements de santé, les autorisant à prélever des organes sur des personnes décédées suite à une limitation ou à un arrêt des traitements.

 

En décembre 2014, le centre Hospitalier Annecy Genevois a été le premier à recevoir de l’ABM l’autorisation de pratiquer un tel prélèvement (cf Synthèse Gènéthique du 03 décembre 2014). A terme, cinq ou six structures en France entreront dans cette phase pilote. Après un an de fonctionnement, en automne 2015, un élargissement pourra être envisagé. Le cahier des charges « exigeant en termes de moyens et d’implications » explique que peu d’établissements, parmi le grand nombre de structures demandeuses, soient susceptibles de rejoindre le dispositif.

 

La possibilité de donner ses organes après sa mort peut désormais être envisagée par le patient sous traitement, ce qui ne manque pas de poser un certain nombre de questions éthiques qui « ont toutes été résolues avec les principes-clés du protocole », avance le Pr Olivier Bastien, directeur prélèvement-greffe-organes-tissus à l’ABM. Ces principes sont établis pour que la décision d’arrêt ou de diminution des traitements reste indépendante de la possibilité du don d’organes : aucun produit ne peut être injecté au patient dans le but de provoquer directement le décès, la règle du donneur mort doit être respectée, et l’étanchéité des filières est protégée. L’équipe de réanimation décide l’arrêt des traitements de manière exclusive et collégiale, tandis que l’équipe de prélèvement gère la procédure de don d’organes.

 

Mais le débat n’est pas clôt.  Michel Hasselman, professeur en réanimation médicale et directeur de l’espace de réflexion éthique de la région Alsace met en garde contre le risque d’« intentionnalité » : « Il est difficile de rester neutre quand on sait qu’il y a besoin d’organes. Dès lors, il y a toujours un risque d’arrêter le traitement pour disposer d’un organe ».

 

<p>Hospimédia (Pia Hémery),19/03/2015</p>

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