Pour la rémunération des donneuses d’ovocytes

Publié le : 24 août 2006

Le Pr Insoo Hyun, spécialiste de bioéthique à l’université de Cleveland, expliquait dans la revue Nature du 10 août dernier pourquoi, selon lui, il faudrait rémunérer les donneuses d’ovocytes.

La recherche sur le clonage scientifique et sur les cellules souches embryonnaires nécessite un grand nombre d’ovocytes pour la création d’embryons. Rappelons que le Pr Hwang avait utilisé 2 061 ovocytes sans obtenir un seul clonage d’embryon humain.

Les femmes qui donnent leurs ovocytes à la recherche sont soumises à une stimulation ovarienne qui permet d’obtenir une dizaine d’ovules en une seule fois. Mais cette intervention est contraignante et comporte de gros risques. Une étude publiée dans la revue Science en juin 2005 révélait que le syndrome d’hyperstimulation pourrait survenir dans un cas sur dix avec des problèmes d’infertilité, de dysfonctionnements rénaux, et dans certains cas extrêmes, la mort.

Pour le Pr Hyun, la rémunération des donneuses pourraient compenser les risques encourus. Il estime que les donneuses "devraient entrer dans la même catégorie que des volontaires sains dans un essai thérapeutique" dans la mesure où "les recherches ne leur sont pas directement bénéfiques". Pour Jacqueline Mandelbaum, spécialiste française de la fécondation in vitro et membre du CCNE, "Hyun est dans une perspective pragmatique et consumériste. On ne peut pas obtenir d’ovocytes par le don, alors on les achète".

En Grande Bretagne, vient d’être approuvée une initiative selon laquelle les femmes participant à des traitements contre l’infertilité pourraient offrir leur ovocytes surnuméraires à la recherche.

Le Figaro (Maud Noyon) 24/08/06

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