PMA, stimulation ovarienne : 150 000 françaises y ont recours chaque année

Publié le : 18 janvier 2021

L’Ined[1], en partenariat avec l’Inserm et l’université Paris-Saclay, a publié jeudi une étude sur le recours annuel aux « traitements de l’infertilité »[2] en France, basé sur les données de l’assurance maladie[3] qui rembourse ces « traitements ». Deux points sont particulièrement commentés : entre 2008 et 2017, le recours à la PMA est resté stable, concernant 1,25% des femmes âgées de 20 à 49 ans, soit 150 000 femmes par an[4]. Sur la même durée, le recours à ces « traitements » est de plus en plus tardif, avec une augmentation de 24 % chez les femmes de plus de 34 ans[5].

Par ailleurs, Elise de la Rochebrochard, chercheuse à l’Ined, explique qu’ « une nouvelle analyse, qui est en cours, est en train de comparer les recours à la PMA aux traitements contre l’infertilité avant la PMA. Elle semble indiquer qu’on traite davantage par PMA qu’avant. Ce qui est assez cohérent avec notre étude : chez les femmes plus âgées, on va passer beaucoup plus rapidement en PMA parce que le temps presse ».

Ce même jour, l’Union nationale des associations familiales (Unaf) a rendu public un sondage[6] : il laisse entendre que « les Français veulent ou auraient voulu en moyenne 2,39 enfants, soit bien plus que la fécondité réelle, inférieure à 1,9 enfant par femme ». Ainsi, « 91% des personnes interrogées souhaitent ou auraient souhaité des enfants, dont 83% plus d’un enfant. Et 67% des personnes n’ayant eu qu’un enfant en voudraient, ou en auraient voulu, au moins deux ». L’Unaf en conclut que « si les familles ont moins d’enfants, ce n’est (…) pas parce qu’elles en veulent moins ». Ces « désirs d’enfants contrariés » doivent recevoir des réponses de la part des pouvoirs publics estime l’association, notamment par la révision de la politique familiale. Car selon l’Unaf, le bilan démographique à paraitre « va confirmer une 6e année de baisse consécutive de la fécondité, inférieure à 1,87 enfant par femme », et le nombre des naissances « n’a jamais été aussi bas depuis 1945 ».

[1] Institut national d’études démographiques.

[2] parcours de PMA, y compris les stimulations ovariennes.

[3] « Une femme a été classée comme ayant été traitée pour infertilité si elle a été remboursée pour au moins un médicament ou une procédure de traitement de l’infertilité durant ladite année ».

[4] NDLR : pour comparaison, en 2018, 25 120 enfants sont nés à l’issue d’une PMA (Source: Rapport annuel de l’Agence de biomédecine).

[5] l’assurance maladie rembourse 4 tentatives de PMA jusqu’à 42 ans.

[6] Sondage Kantar réalisé du 28 octobre au 2 novembre 2020 auprès d’un échantillon représentatif de 1.072 personnes de plus de 15 ans – méthode des quotas -, interrogées en face-à-face à leur domicile.

Sources : AFP (14/01/2021) ; Ouest France, Carine Janin (14/01/2021) ; 20 minutes, Ohiana Gabriel (14/01/2021) ; La Provence (14/01/2021) – Photo : Pixabay DR

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