PMA, GPA : Des homosexuels dénoncent le déni de filiation

Publié le 22 Fév, 2018

Face aux lobbies qui réclament l’élargissement de la PMA et/ou la légalisation de la GPA, six homosexuels[1] publient une tribune dans le Figaro[2] pour expliquer leur opposition à ces techniques qui suppriment la filiation.

 

Sans remettre en question « la possibilité de la parentalité pour les homosexuels », ils rappellent que « les homosexuels n’ont pas attendu la PMA et la GPA pour faire des enfants », mais ceux-ci « avaient un père et une mère biologique, et connaissaient donc leur filiation ». Ils veulent ainsi mettre en lumière « l’artifice rhétorique » des lobbies idéologiques et mercantiles faisant croire que seules les techniques de PMA rendent possible la parentalité pour les homosexuels. En France « aucune loi n’interdit aux homosexuels de devenir parents », écrivent-ils.

 

Ce qu’ils contestent, c’est l’anonymat du don de gamètes, y compris dans le cas d’une PMA pour un couple hétérosexuels ou une femme célibataire, car l’enfant est coupé de ses origines, ce qui est « injuste et contraire » à son intérêt. En outre, la « sanctification du désir individuel » entraine des non-sens, en rendant « facultatif » le père ou « artificielle la notion de parentalité », alors que la présence d’un homme et d’une femme est nécessaire pour la procréation. La GPA établit un « mensonge » similaire, en établissant une filiation entre deux hommes et un enfant, et pose de surcroit « le problème de réification du corps de la mère porteuse ».

 

Les auteurs de la tribune s’attardent sur la notion de filiation[3], dont l’étymologie latine place au centre non pas les parents et leur projet d’avoir un enfant mais bien l’enfant. Par conséquent, « l’intérêt de l’enfant doit être la priorité et non celui de ceux désirant avoir un enfant ». L’apparition de ce « droit à l’enfant », ils l’attribuent à l’enfant « projet » : « en centrant la question des techniques de PMA sur l’enfant en tant que projet, nous avons collectivement décidé de ne plus l’inscrire dans une continuité, dans une généalogie qui se perpétue, dans une filiation donc. L’enfant ne descend plus d’une lignée et ne s’inscrit plus dans cette dernière, il n’est plus la conséquence d’une généalogie qui le précède. Il devient au contraire le point de départ du nouveau, un futur à venir, complètement coupé de tout passé. Dans cette perspective où l’enfant est un projet, il est le point de départ où tout commence ; la filiation devient accessoire ». L’individualisme de l’homme contemporain « ne le place plus entre un avant et un après dont il serait la courroie de transmission, mais comme un tout réduit à son seul désir, à sa seule individualité ». L’« enfant sans filiation n’est que le pendant biologique du peuple sans histoire », constate les signataires.

 

[1] Sébastien de Crèvecoeur, Jean-Mathias Sargologos, Jacques Duffourg-Müller, Benoît de Fleurac, Hervé Jourdan et Lionel Léon.

[2] Cette tribune fait suite à une première publiée au mois de janvier : Des homosexuels prennent position contre la « PMA pour toutes » et la GPA.

Le Figaro (22/02/2018)

Photo: Pixabay / DR

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