OGM : des questions persistent

Publié le : 26 mai 2003

Le Conseil des ministres européens a adopté en juin 1999 un moratoire sur l’autorisation de vente des organismes génétiquement modifiés (OGM). Celui-ci devrait être levé en octobre prochain puisque la législation sur l’étiquetage des OGM et leur traçabilité est en train d’être adoptée.

D‘après la nouvelle législation, l’industrie agroalimentaire devra signaler la présence d’OGM dans l’alimentation humaine et animale. Tout produit obtenu à partir d’OGM, comme l’huile raffinée, devra être étiqueté même si le produit final contient des traces minimes, voire invisibles d’OGM.

 

Cette mesure, réclamée par les associations de consommateurs, a déplu à la Confédération des industriels agroalimentaires : « la législation nous impose un système de traçabilité qui va produire des tonnes de paperasse et générer des risques de fraudes« . Devront également être étiquetés les produits contenant 0,9% et plus d’OGM. Certains soulignent le paradoxe d’une telle législation : les produits avec des traces invisibles d’OGM (comme l’huile raffinée) seront étiquetés mais les produits avec une teneur comprise entre 0 et 0,9% ne le seront pas…

La controverse sur les OGM continue. Le gouvernement américain soutient que l’opposition aux OGM n’a pas de fondement scientifique. En France, l’Académie des sciences a rendu en décembre 2002 un rapport montrant l’absence de risque des OGM mais ce rapport avait été critiqué du fait que le groupe de travail n’était composé que de partisans des OGM. De nombreux rapports et études émettent des avis totalement différents.

 

Les questions sur les OGM portent particulièrement sur la santé, l’environnement et les structures agricoles.

Dans le domaine de la santé, la question du gène de résistance aux antibiotiques a été réglée puisque les nouvelles « constructions génétiques » n’intègrent plus de tels gènes. Demeure néanmoins la question de la capacité des OGM à déclencher des allergies.
Dans le domaine de l’environnement, les gènes insérés dans les OGM pourraient se transmettre à d’autres plantes, les rendant résistantes aux herbicides. Pour y remédier, il faudrait adopter une certaine distance entre les champs transgéniques et les autres, cette distance reste à définir ce qui fait tout le débat… Par ailleurs, certains pensent que l’hybridation entre OGM et plantes sauvages conduirait à diminuer la diversité des plantes cultivées.

Enfin, les structures agricoles pourraient être perturbées par l’entrée des OGM dans le sens où il n’y a pas d’OGM sans brevet.

<p>Le Monde (Rafaële Rivais - Hervé Kempf) 26/05/03</p>

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