Mères porteuses, euthanasie : le dernier sondage critiqué

Publié le : 1 février 2012

Le 26 janvier 2012, Christian Lefebvre, Président de la Chambre des Notaires de Paris, est revenu sur le sondage BVA du 24 janvier, dont les résultats laissaient penser que l’opinion des Français quant aux mères porteuses et à l’euthanasie aurait basculé.
Commandé par la Chambre des Notaires de Paris, l’enquête révélait que 63% des Français seraient pour la légalisation des mères porteuses et que 84% reconnaitraient un "droit" à l’euthanasie (Cf. Synthèse de presse du 25/01/12). Selon Christian Lefebvre, ce sondage révèle "une indéniable évolution des mentalités" en France, car "à première vue, les positions apparaissent en effet tranchées, dans le sens de la reconnaissance des droits". Cependant, à la question de savoir si la société est devenue ultralibérale, il répond en émettant des doutes. Il observe que la société "proclame le triomphe du "droit à…" – droit au mariage, à la parentalité, à la mort dans la dignité… – sans trop s’interroger sur le contenu des droits concernés : le droit "de l’enfant", "du" couple, "des" malades". De ce fait, "ces droits, devenant plus complexes à définir ou à concilier, sont moins pris en compte dans leurs modalités alors qu’ils restent essentiels".
Christian Lefebvre prend alors l’exemple de l’euthanasie, auquel les Français seraient favorables à 84% : "ne faudrait-il pas avant d’accorder un droit à mourir, faire un bilan public éclairé par des experts de la situation des soins palliatifs et de l’application de la remarquable mais très récente loi Leonetti, en explorant les options qui se présentent concrètement à nous sur une question qui nous concerne tous" ?

Face à de tels résultats, le Président de la Chambre des Notaires de Paris explique qu’ "Il ne faut donc pas s’arrêter aux sondages d’opinion pour proclamer que l’opinion du moment, parfois versatile et insuffisamment informée, justifie l’intervention d’une réforme rapide et tranchée". Il souligne également que "dans la plupart des débats de sociétés, les solutions simples et univoques sont dangereuses".
Enfin, de ce sondage, Christian Lefebvre tire une interrogation : "la question est plutôt de savoir si, au-delà des aspirations et conceptions profondes, l’opinion publique est aujourd’hui suffisamment informée, techniquement et sociologiquement parlant, pour décider de questions dont elle maîtrise encore mal tous les enjeux et les conséquences concrètes".

Nouvel Observateur 26/01/12

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