Loi de bioéthique : “Examiner le texte aurait juste confirmé un troisième échec “

Publié le 24 Juin, 2021

Par ses deux lectures du projet de loi de bioéthique, le Sénat estime avoir lutté, mais en vain : « Examiner le texte aurait juste confirmé un troisième échec », déplore Bruno Retailleau, président du groupe Les Républicains au Sénat. Le sentiment d’ « une occasion manquée, confie-t-il, car concernant un texte qui porte sur l’idée que l’on se fait de l’homme et sur la société que nous voulons, Emmanuel Macron et sa majorité auraient dû, auraient pu essayer de dégager un consensus. Ou tout du moins, un compromis ». Ce projet « soulevait des réticences dépassant les clivages politiques, […] Ce qui veut bien dire que quelque chose de fondamental se jouait via ce texte ». Pour le sénateur, « Nous assistons au basculement du modèle bioéthique français, qui repose sur l’éthique de la fraternité, vers le modèle bioéthique à l’anglo-saxonne, et son éthique de la liberté. »

Bruno Retailleau regrette profondément que l’Assemblée nationale persiste dans son intention d’instaurer une double filiation maternelle par reconnaissance devant le notaire. Elle « casse toute la vraisemblance, principe sur lequel reposait la filiation jusqu’ici ». Ceci alors que le Sénat proposait effectivement « l’extension de la PMA aux femmes seules et en couple homosexuel, ainsi que l’article 4, sur la filiation, mais en mettant en place une filiation qui n’était pas un mensonge. »

Il dénonce également un projet qui « efface la barrière entre les espèces ». Désormais, « On va prendre un embryon animal et l’on va y ajouter des cellules humaines pluripotentes, c’est-à-dire qui peuvent se transformer en n’importe quelle cellule. Cela veut dire que ces cellules peuvent migrer vers le cerveau de l’animal. C’est pour moi une faute grave. Nous sommes plongés dans un monde où dès que la science permet quelque chose, il faut l’autoriser ».

Au-delà de l’absence de tentative de consensus, le président du groupe conteste l’adhésion des français à la PMA : « Tout dépend de la question. Si la question précise est :êtes-vous pour une pratique qui priverait les enfants de père ?”, là une majorité – courte, mais une majorité – est contre ». Et dénonce, au contraire, l’ignorance citoyenne : « Combien de Français savent que ce texte va autoriser les embryons chimères ? Très peu. Or, là encore, quand on leur explique, on s’aperçoit qu’ils ne sont pas d’accord » (cf. Projet de loi de bioéthique : un quart des Français au courant des mesures concernant la PMA, moins de 10% pour l’embryon).

Source : La Croix, Alice Le Dréau, (24/06/2021) – Photo : Pixabay

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