Livre : On tue les vieux

Publié le 20 Oct, 2006

Le livre "On tue les vieux" chez Fayard est un livre – enquête qui montre que "placée dans le seul contexte économique, la vieillesse n’est plus envisagée qu’en terme de contraintes, de charge et d’inutilité". Deux ans d’enquête avec le soutien de l’AFPAP (Association française de protection et d’assistance aux personnes âgées) et une centaine d’interviews de médecins et de professionnels de la santé, de familles, d’avocats, de directeurs de maisons de retraite et de directeurs de la DDASS révèlent que tout est mis en œuvre pour accélérer la fin des personnes âgées malades à l’hôpital.

Le livre dénonce les incohérences de l’hospitalisation qui causent la mort d’un bon nombre de personnes âgées, la prise en charge défaillante aux urgences qui alimente les grabatisations et l’épreuve même des urgences qui se solde souvent par un décès prématuré.

Pour les auteurs, il s’agit "d’un génocide silencieux perpétré grâce aux incohérences et aux maltraitances qui font tous les ans plus de morts que la canicule". Le Pr Jacques Soubeyrand, coauteur et chef du service de médecine interne et gériatrie à l’hôpital Sainte-Marguerite de Marseille, explique : "Il ne s’agit surtout pas de jeter l’opprobre sur les établissements, mais de dénoncer certaines dérives et un système tout économique, où la vieillesse n’est plus vue qu’en termes d’inutilité, de contraintes. A partir du moment où on ne donne pas à ces personnes tous les soins qu’elles mériteraient, on accélère leur fin". Une "euthanasie économique et sociale" qui commencerait dès l’hôpital.

Les personnes âgées malades qui survivent à l’hôpital se retrouvent dans des maisons de retraite, médicalisées certes, mais souvent inadaptées à leur prise en charge, dénoncent les auteurs. Abandonnés sans soins dans des établissements sous-dotés en personnel, la moitié des vieux sont dénutris, sous-médicalisés et partout sur-médicamentés…

Pour les auteurs, la justice est "complaisante" et ne condamne que rarement ces "dysfonctionnements institutionnels". "La vie d’un vieux, au pire, ça vaut deux ans avec sursis".

On tue les vieux est écrit par Christophe Fernandez président de l’AFPAP, Thierry Pons, directeur d’un centre de formation dans le secteur social, Dominique Prédali, journaliste d’investigation et le Pr Jacques Soubeyrand.

L’Express (Delphine Saubaber) 19/10/06 – Le Quotidien du Médecin 13/10/06

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