L’Italie adopte le « bio-testament » : un pas vers l’euthanasie ?

Publié le : 14 décembre 2017

Ce jeudi 14 décembre, les sénateurs italiens ont adopté par 180 voix contre 71 la loi sur le « testament biologique » qui prévoit plusieurs mesures en fin de vie. Il s’agit du « feu vert définitif » pour un texte que les députés avaient largement adopté au mois d’avril (cf. En Italie, les députés adoptent la loi sur le « testament biologique »), mais qui a toutefois suscité d’ « âpres débats ». Certains élus, la conférence des évêques italiens et plusieurs associations ont notamment dénoncé « l’entrée de l’euthanasie dans la loi italienne de la façon la plus barbare : la mort de faim et de soif via l’arrêt de l’alimentation et l’hydratation ». Le suicide assisté reste considéré comme un délit et l’euthanasie active comme un homicide volontaire, mais pour les évêques italiens, cette loi « introduit de fait l’euthanasie de manière camouflée ».

 

Le « bio testament » accorde « à toute personne majeure en fin de vie la possibilité de renoncer aux traitements médicaux, mais aussi à l’alimentation et à l’hydratation ». Ce choix peut être exprimé via des directives anticipées, signées devant un notaire ou confiées au service d’état civil, révocables et révisables à tout moment. Pour les mineurs, la famille proche pourra décider, en tenant compte de son avis « de manière proportionnée à son âge et à sa maturité ». Pour les patients incapables d’exprimer leur volonté, la décision reviendra au tuteur légal, puis au juge des tutelles s’il y a désaccord avec l’équipe médicale. Par ailleurs le texte ouvre la possibilité de mettre en place « une sédation profonde et continue provoquant une altération de la conscience, jusqu’au moment du décès ». Enfin « aucun traitement ne pourra être engagé ou poursuivi sans le consentement libre et informé du patient par son médecin », qui « devra s’efforcer de soulager les souffrances du patient en cas de refus ou de retrait du consentement aux soins ».

 

Le texte n’évoque pas explicitement l’objection de conscience, mais il « exempte de toute responsabilité pénale » un médecin, qui « refuserait de débrancher une machine tenant en vie son patient ». En outre dans ce pays, « le droit à invoquer l’objection de conscience est reconnu par la loi depuis 1972 ».Toutefois la structure médicale dans laquelle exerce le médecin « doit obligatoirement trouver un médecin remplaçant non-objecteur de conscience ».

 

<p>AFP (14/12/2017); La Croix, Anne Le Nir (14/12/2017)</p>

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