Les spécialistes en soins palliatifs tirent la sonnette d’alarme

Publié le 10 Mai, 2006

A l’occasion du colloque organisé hier au Sénat par la maison médicale Jeanne Garnier, les spécialistes ont fait le point sur le développent des soins palliatifs en France.

Si la volonté politique, ces dernières années, a été le développement des structures pour faire face à la fin de vie, la réalité sur le terrain semble tout autre. Et pourtant, il s’agit d’un sujet primordial, puisque ces soins palliatifs représentent une réponse "efficace" et "humaine" à ceux qui militent en faveur de l’euthanasie.

A travers une lettre, les spécialistes ont lancé un véritable cri d’alarme : "Selon les chiffres du ministère de la Santé, nous sommes passés de 834 lits en unités de soins palliatifs (USP) en 2002 à 783 en 2004. Cette situation est alarmante et la question de la mort des unités de soins palliatifs est demain possible […] A l’heure où le nombre d’USP régresse, nous osons affirmer qu’il n’y a pas assez d’unités en France, pas assez d’équipes spécialisées pour accueillir toutes les personnes qui devraient pouvoir en bénéficier".

Notons parmi les signataires de cette lettre, Régis Aubry (Fédération des réseaux de santé de Franche-Comté), Marie de Hennezel (chargée de mission au ministère de la Santé) ou Daniel d’Hérouville, chef de service à Jeanne Garnier. Ils estiment que certaines unités de soins palliatifs sont trop fragiles et n’ont pas les moyens d’assurer leur mission de soin, de formation, d’enseignement et de recherche. 

Ces spécialistes ont rappelé que les listes d’attente pour obtenir une hospitalisation en soins palliatifs étaient de plus en plus longues et qu’il existait une inégalité géographique sur cette question.

En France, on enregistre chaque année  550 000 décès. 50 000 personnes disposeraient de soins palliatifs alors que certains estiment que 150 000 personnes pourraient en bénéficier quelques semaines avant leur mort. Les unités de soins palliatifs ne sont pas les seuls recours : il existe des hospitalisations à domicile en soins palliatifs, des lits dédiés dans les hôpitaux, etc.

Aujourd’hui, cette politique des soins palliatifs s’est imposée partout dans les pays industrialisés. "Pour nous, elle reste et doit rester une priorité de santé publique, tant que l’offre n’est pas suffisante pour répondre  à l’ensemble des besoins. Les unités de soins palliatifs ne doivent pas être laissées pour compte ", ont conclu les auteurs de la lettre.

Le Figaro (Martine Perez) 10/05/06 – Libération (Eric Favereau) 10/05/06 – Le Quotidien du Médecin (Nicolas Bauche) 11/05/06 – La Vie (Claire Legros) 11/05/06

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