Les patients greffés plus à risque de développer une forme grave du COVID-19

Publié le : 20 mars 2020

Tous les donneurs d’organes, vivants ou morts, doivent être testés au coronavirus. Le Haut Conseil de la Santé Publique (HSCP) a émis le 14 mars un avis[1] sur la conduite à tenir dans le contexte de la pandémie COVID-19, et les directives quant au don d’organes. Le HSCP préconise de tester tous les donneurs :

  • En cas de test positif d’un donneur vivant, la transplantation sera effectuée 28 jours après la disparition des symptômes.
  • Si un donneur décédé est positif au test, la transplantation pourra être effectuée aussi, « en fonction de l’évaluation de la balance bénéfice-risque pour chaque receveur », que ce soit un organe vital ou non, à condition d’ajouter « une information et un consentement éclairé du receveur ».
  • Seuls les poumons doivent être exclus de la transplantation en cas de donneur infecté.
  • Si le résultat du test n’est pas encore disponible au moment de la greffe d’un organe vital (foie, cœur), le HCSP recommande d’effectuer quand même la greffe et de mettre en place un suivi supplémentaire pour le patient greffé.

 

L’Agence de Biomédecine[2] a relayé le 18 mars ces recommandations. Elle ajoute que « la greffe peut être différée, en particulier lorsqu’est en cause une greffe rénale ou une greffe de tissus » si « le risque du receveur à être infecté dépasse le bénéfice de la transplantation ».

 

Aux Etats-Unis, au même moment, les hôpitaux annulent les transplantations jugées non urgentes, aussi bien par précaution de non-transmission du virus que pour libérer préventivement des lits. « Nous et le reste de la communauté des greffés ne pensons pas que choisir d’immunosupprimer un receveur et d’exposer un donneur à un risque excessif à l’heure actuelle soit dans l’intérêt du donneur ou du receveur », explique le Dr Elizabeth Pomfret, chirurgien chef en transplantation à l’hôpital UCHealth, au Colorado. « On ne sait pas à quel point il serait dangereux de transplanter des organes d’une personne atteinte du virus », ajoute le Dr Howard Huang, directeur médical du programme de transplantation pulmonaire de l’hôpital Houston Methodist.

 

La société Francophone de Transplantation[3], quant à elle, vient de publier une fiche de conseils à destination des personnes transplantées, rappelant que « les patients transplantés d’organe prenant un traitement immunosuppresseur ont une susceptibilité accrue aux infections virales » et qu’ « il est probable qu’ils aient plus de risque de développer des formes graves d’infection à coronavirus ». On peut notamment y lire qu’ils doivent impérativement continuer à prendre leurs traitements immunosuppresseurs, tout en limitant au maximum les contacts physiques. Même leurs consultations de suivi de transplantation doivent se faire à distance ou être reportées. En cas de télétravail impossible, elles doivent demander un arrêt de travail de minimum 21 jours en tant que personne à risque.

 

Enfin, la Société Francophone de Néphrologie Dialyse Transplantation (SFNDT)[4] a publié aussi des recommandations, le 9 mars, insistant sur le « sur-risque théorique de forme sévère de COVID-19 » des patients transplantés rénaux, faisant référence aux préconisations de l’ABM pour reporter au maximum les opérations de transplantation jugées non nécessaires.

 

Pour aller plus loin :

Epidémie de Coronavirus et trafic d’organes en Chine

Après une greffe, un patient sur deux menacé par une infection

Royaume-Uni : mort d’un patient des suites d’une greffe d’organe infecté

 


[1] Avis du Haut Conseil de la santé publique

[2] Recommandation concernant l’activité de prélèvement et de greffe d’organes et de tissus durant l’épidémie du coronavirus le SARS-CoV-2

[3] ÉPIDÉMIE DE CORONAVIRUS RECOMMANDATIONS POUR LES PATIENTS TRANSPLANTÉS

[4] Information de la Société Francophone de Néphrologie Dialyse Transplantation (SFNDT) sur l’épidémie de coronavirus (COVID-19)en date du 9 mars 2020

<p>Haut Conseil de la santé publique (14/03/2020)</p> <p>ABM (18/03/2020)</p> <p>La Société Francophone de Transplantation (18/03/2020)</p> <p>Société Francophone de Néphrologie Dialyse Transplantation (09/03/2020)</p> <p>Becker’s Hospital Review, Gabrielle Masson (19/03/2020)</p> <p>Hospimedia, Edoxie Allier (20/03/2020)</p>

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