Les motivations de la recherche sur l’embryon

Publié le : 27 avril 2009

Dans le journal Libération, Jacques Testart, directeur de recherche honoraire à l’Inserm revient sur la question de la recherche sur l’embryon. Il explique que cette recherche ne correspond pas à ce qu’elle paraît exprimer et qui consisterait à mieux connaître le tout début de la vie.

En réalité, la recherche sur l’embryon recouvre deux domaines : soit l’identification des caractéristiques individuelles particulières à chaque embryon par le biais du diagnostic préimplantatoire (DPI), soit l’utilisation des cellules extraites de l’embryon dans un but "thérapeutique".

Selon les chercheurs, le DPI pourrait non seulement augmenter le succès du transfert in utero mais aussi la "qualité" des bébés nés après fécondation in vitro (FIV). Or, la volonté scientifique de générer des embryons normaux exigerait plutôt de faire des recherches sur la fabrication des ovules et des spermatozoïdes et leur rencontre dans la fécondation. Depuis 1986, Jacques Testart alerte régulièrement sur les risques éthiques et anthropologiques attachés à cette technique eugénique.

Par ailleurs, il s’étonne de la volonté de faire de la recherche sur l’embryon humain dans un but thérapeutique, l’utilisation des cellules souches embryonnaires humaines n’ayant pas encore fait ses preuves chez l’animal. On a même constaté des tumeurs chez les sujets recevant des cellules souches embryonnaires. En revanche, la recherche a permis de montrer que les cellules souches adultes avaient des capacités insoupçonnées pour se différencier en tissus variés. Il rappelle également le potentiel des cellules souches pluripotentes induites.

Pour Jacques Testart, il existerait des motivations non exprimées qui s’ajouteraient à ces arguments à prétention scientifique pour expliquer cette recherche sur l’embryon. Il suppose que certains ne supportent pas que l’embryon se trouve encore préservé de la recherche alors qu’elle peut étudier tous les autres stades de l’humain. Enfin, il évoque le fait que les cellules souches embryonnaires seraient les plus propices à l’industrialisation de la thérapie cellulaire. Les cellules souches adultes, elles, ont plus de risque d’échapper au marché des produits brevetés.

Libération (Jacques Testart) 27/04/09

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