Les faux espoirs de la thérapie génique

Publié le : 19 novembre 2001

Les Académies de médecine et de pharmacie viennent de rendre un rapport intitulé « Enjeux de la thérapie génique : ses progrès et ses problèmes ». La thérapie génique qui consiste à introduire un « gène médicament » dans le noyau des cellules pour corriger un défaut génétique ou pallier le manque d’une protéine, ne tient visiblement pas ses promesses. Certes, cette technique reste une voie de recherche prometteuse pour les maladies héréditaires monogéniques, mais en ce qui concerne les grands fléaux comme le cancer ou les maladies cardio-vasculaires sa contribution reste incertaine. « Il existe une myriade de possibilités, mais tout autant de difficultés, aussi faut-il savoir garder un regard critique sur la thérapie génique » affirme le professeur Alain Fisher, dont l’équipe a réussi à « guérir » six « bébés bulle » souffrant de déficit immunitaire par le biais de cette thérapie. Cependant, sur 500 tentatives réalisées dans les divers domaines de la thérapie génique, il a été rapporté un certain degré d’efficacité sur seulement 5 d’entre elles. La technique est particulièrement délicate à mettre en place et les médecins doivent aussi veiller à ne pas être toxique et entraîner une réponse inflammatoire de l’organisme. Le professeur Olivier Danos, directeur scientifique du Généthon à Evry reconnaît « Il est certain que nous avons péché par trop d’enthousiasme lors des premiers essais de 1989. Des effets d’annonce suivis de désillusions qui ont créé beaucoup de malentendus dans le public ». Quant à Axel Kahn, il développe le concept de la maladie régénératrice : entre thérapie génique et cellulaire, cette voie reposerait sur l’utilisation de cellules souches embryonnaires améliorées grâce à des transferts de gènes. Dans leur rapport, les académiciens dénoncent les 3 obstacles majeurs au développement de la thérapie génique : scientifiques, administratifs et financiers. Cependant, ils affirment prudemment qu’ « un examen objectif de ce qui a été déjà atteint permet d’être raisonnablement optimiste pour l’avenir. On ne peut pas fermer la porte à toutes les perspectives de thérapie génique ».

<p>Le Figaro 17/11/01</p>

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