Les CNI : des cellules neuronales induites à partir de cellules cutanées

Publié le : 28 janvier 2010

Marius Wernig et son équipe de chercheurs à l’université de Stanford sont parvenus à "faire convertir des cellules cutanées en cellules neuronales sans passer par l’étape des cellules souches pluripotentes induites" ont-ils indiqué hier dans la revue Nature. Si cette technique se confirme, "ces cellules pourraient être utilisées pour l’étude de maladies neurodégénératives (comme le Parkinson), voire comme cellules thérapeutiques". Ce résultat représente une avancée pour la médecine régénérative.

Les succès obtenus dans le domaine de la reprogrammation cellulaire nécessitaient jusqu’à présent "l’étape de la transformation d’une cellule différenciée en cellule souche pluripotente induite (iPS)". Ces cellules iPS comportant un risque de tumorogenèse, Marius Wernig a pensé qu’il était peut-être possible de supprimer cette étape. En prenant appui sur "des résultats récents qui ont montré la faisabilité d’une reprogrammation de fibroblastes murins ou humains", l’équipe a concentré ses efforts sur des fibroblastes recueillis sur la queue de souris. En 32 jours, les chercheurs ont réussi, à partir d’une méthode sophistiquée, à obtenir des "cellules de type neuronal, qu’ils nomment cellules neuronales induites (CNI)". Celles-ci peuvent réaliser plusieurs activités propres aux neurones, "comme la formation de synapses avec d’autres cellules nerveuses présentes dans les éprouvettes, la génération de potentiels d’action et l’expression de protéines spécifiques".

Ce résultat a été obtenu à partir du choix, par les chercheurs, de "19 gènes impliqués dans le développement neuronal ainsi que dans la régulation épigénétique (facteurs environnementaux qui modulent l’expression du génome". Après avoir testé diverses combinaisons de ces gènes, ils en retiennent finalement trois (Asc11, Brn2, Myt11) "dont l’action conjuguée permet de convertir des cellules embryonnaires de souris et des fibroblastes en CNI fonctionnels in vitro", à l’aide de lentivirus porteurs des facteurs de transcription. Les chercheurs notent la rapidité du processus : "20% des cellules extraites de la peau de souris sont transformées en CNI en moins d’une semaine". Il s’agit là d’une amélioration notable par rapport aux cellules iPS qui peuvent mettre plusieurs semaines à être générées. Le processus est également plus rentable que ceux qui permettent l’obtention des iPS où, généralement, seul "1 à 2% des cellules d’origine deviennent pluripotentes".

Le Quotidien du médecin (Dr Béatrice Vuaille) 28/01/10 - La Croix 28/01/10 - NOUVELOBS.COM ( Cécile Dumas) 29/01/10 - Financial Times (Clive Cookson) 28/01/10 - Bionews (Sarah Guy) 08/02/10

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