Les cellules de sang de cordon au secours du diabète insulino-dépendant

Publié le 31 Mai, 2007

De l’insuline avec le sang de cordon

 

D’après une étude menée par les équipes du Pr Colin McGuckin (Newcastle Center for Cord Blood, Newcastle University) et du Pr Larry Denner (Stark Diabete Center, University of Texas Medical Branch), il est possible de créer des cellules productrices d’insuline à partir de cellules souches de sang de cordon. Ces résultats ouvrent des perspectives nouvelles pour le traitement  du diabète insulino-dépendant (ou diabète de type 1), maladie due à la destruction des cellules du pancréas qui assurent la synthèse de l’hormone régulatrice de la concentration du sucre dans le sang. Dans cette étude publiée dans Cell Proliferation de juin 2007 (1), les chercheurs expliquent avoir réussi à transformer des cellules souches de sang de cordon en cellules productrices d’insuline en 21 jours.

 

Quels espoirs thérapeutiques ?

 

Ces travaux pourraient permettre de remplacer les greffes de fragments de tissus pancréatiques contenant des cellules de Langerhans productrices d’insuline. Nico Forraz, co-auteur de l’étude précise  « pour les personnes souffrant de diabète de type 1, nous envisageons d’utiliser les cellules souches pour créer des cellules sécrétant de l’insuline, mais aussi les cellules immunitaires présentes dans le sang de cordon, qui pourraient permettre de « calmer » les racines auto-immunes de cette affection qui détruit des régions du tissu pancréatique ».

 

Les banques de sang de cordon

 

Si l’intérêt thérapeutique de ces études se confirme, la nécessité d’obtenir des unités de sang de cordon en quantité va très vite s’imposer.

 

En France, les autorités sanitaires et éthiques sont opposées à la mise en place de banques de sang de cordon privées. Pour le Comité consultatif national d’éthique (CCNE), la constitution de banques privées pour un usage strictement autologue du sang de cordon est contraire au principe de solidarité de notre système de santé. En 2002, le CCNE recommandait donc aux pouvoirs publics de promouvoir un important développement des banques publiques de sang de cordon à destinée essentiellement allogénique (2).

 

La situation française

 

En janvier 2006, la France possédait 5 150 unités stockées de sang de cordon, ce qui ne la plaçait qu’au 16e rang mondial en nombre d’unités par habitant. Aujourd’hui, en juin 2007, 5 800 unités de sang de cordon sont conservées dans les banques publiques françaises. Pour être au même niveau que nos voisins européens, notre stock devrait s’élever à 50 000.

 

Or sur les quatre établissements hospitaliers faisant œuvre de banques publiques, deux ont dû arrêter pour des raisons financières. Il ne reste plus aujourd’hui que deux banques de sang de cordon, à Bordeaux et à Besançon, celle de l’hôpital Saint Louis à Paris, devant être à nouveau opérationnelle d’ici peu.

 

Ce retard est tempéré par la qualité des greffons français pour lequel la France s’affiche dans le “peloton de tête“. Ainsi, l’enjeu de la France pour rester dans la compétitivité internationale est d’augmenter la taille de sa banque, tout en conservant l’excellente qualité de ses greffons.

 

Un retard à rattraper d’urgence

 

L’étude qui vient d’être publiée devrait contribuer à rappeler l’urgence qu’il y a, dans notre pays, à développer la conservation par congélation du sang de cordon ombilical. « Dans chaque sang de cordon, il est possible d’obtenir environ 500 000 cellules souches », rappelle Nico Forraz de l’Institut des Cellules souches de l’Université de Newcastle. Avec 120 millions d’enfants qui naissent chaque année dans le monde, les cellules souches de sang de cordon seront prédominantes dans la recherche sur les thérapies cellulaires.

 

La Virgin Health Bank

 

Sir Richard Branson, fondateur et président de Virgin, a annoncé, en janvier 2007, la création d’un nouveau modèle de banque de sang de cordon. La Virgin Health Bank sera la première banque de ce type à la fois privée et publique. Moyennant la somme d’environ 2 270 euros, les parents qui le souhaitent pourront faire conserver le sang de cordon de leur enfant pendant 20 ans.

 

Financée par ses clients et ses investisseurs, la Virgin Health Bank donnera, gratuitement, 80% de chaque prélèvement à une banque publique. Les 20% restants resteront la propriété exclusive de la famille.

 

Par ailleurs, Sir Richard Branson s’est engagé à reverser tous les bénéfices perçus par le groupe Virgin à la recherche sur les cellules souches adultes. 

 

 

1. Directed Engineering of umbilical cord blood stem cells to produce C-peptide and Insuline; L. Denner, Y. Bodenburg, J. G. Zhao, M. Howe, J. Cappo, R. G. Tilton, J. A. Copland, N. Forraz, C. McGuckin, R. Urban (2007); Cell Proliferation 40 (3), 367-380.

 

2. Avis de l’Académie nationale de médecine du 19 novembre 2002 et avis du CCNE du 12 décembre 2002.

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