Diabète et cellules souches embryonnaires humaines : un essai clinique non concluant

Publié le 9 Déc, 2021

Les résultats provisoires d’un essai clinique mené par Viacyte ont été publiés cette semaine [1] : à partir d’une lignée de cellules souches embryonnaires humaines, l’entreprise développe des cellules sécrétrices d’insuline [2] qui sont encapsulées puis implantées sous la peau des patients. Vingt-six personnes ont reçu ce traitement expérimental. Si le principe fonctionne, les effets cliniques restent à démontrer.

En 2006, Viacyte avait lancé ses recherches, et mis au point un protocole de différenciation des cellules souches embryonnaires humaines en cellules endodermiques pancréatiques immatures [3]. Les premiers patients ont été greffés en 2017 (cf. Poursuite d’un essai clinique utilisant des cellules souches embryonnaires pour soigner le diabète). Les résultats publiés cette semaine sont ceux de l’essai de phase 1/2. Chez 17 patients sur 26, la sécrétion d’insuline par les cellules greffées s’est mise en place. Ils ont réduit leurs besoins en insuline de 20% en moyenne. Les cellules greffées ont survécu jusqu’à 59 semaines après l’implantation.

Pour recevoir ces cellules, les patients reçoivent d’abord un traitement immunosuppresseur. Deux patients ont développé des effets indésirables graves à la suite de ce traitement. Or la nécessité de renouveler les implants de cellules impliquerait la prise à vie de ces traitements, « obstacle majeur à une mise en œuvre plus large ».

Par ailleurs, l’essai a été réalisé sans groupe témoin, « et les interventions n’étaient pas réalisées en double aveugle, ce qui limite les conclusions ».

Enfin de nombreux paramètres n’ont pas été déterminés avec cet essai : efficacité et sûreté des implants à long terme, stade de différenciation optimal des cellules pour la greffe, site de transplantation le plus adapté, dose de cellules nécessaire.

[1] Cell stem cell https://doi.org/10.1016/j.xcrm.2021.100466

[2] Cellules endodermiques pancréatiques

[3] In vivo, les cellules immatures terminent leur différenciation en 26 semaines.

Sources : Trust my Science, Claire Manière (8/12/2021) ; New Atlas, Rich Haridy (6/12/2021) – Photo Pixabay DR

 

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