L’élargissement de la compétence des sages-femmes provoque des remous

Publié le 11 Mar, 2009

En votant l’amendement 453 au projet de loi sur l’Hôpital qui étend la compétence des sages-femmes dans les domaines de la prescription de la contraception et du suivi gynécologique (cf. Synthèse de presse du 06/03/09), "les députés ont fait un pas vers la délégation des tâches et des compétences". 

Défendue par Bérangère Poletti (UMP, Ardennes), cette mesure a pour but de faciliter encore l’accès à la contraception : en France, une grossesse sur cinq se termine par un avortement et le taux d’avortement est de 14,6‰ femmes en âge de procréer quand la moyenne européenne se situe à 11,2‰. Par ailleurs, 75% des 210 000 avortements pratiqués chaque année concernent des moins de 35 ans, dont 13 400 mineures.

Mais cet amendement provoque quelques remous. Co-présidente du Comité de défense de la gynécologie médicale (CDGM), Claude Groussin estime qu’"on est en train de couper la gynécologie médicale en petits morceaux et d’éparpiller les compétences pour de mauvaises raisons. (…) C’est une entreprise de démolition, les femmes ne vont plus s’y retrouver". Réservés aussi, les gynécologues médicaux du Syndicat national des gynécologues et obstétriciens de France (SYNGOF) mettent en doute la capacité des sages-femmes à assumer un élargissement de leur mission "sans l’assurance d’une formation adéquate". Président du SYNGOF, le Dr Marc-Alain Rozan aurait trouvé plus efficace une éducation ciblée dans les collèges et lycées ou la mise en place d’une consultation annuelle de prévention, anonyme et gratuite, dès 13 ans.

Jacqueline Lavillonnière, présidente de l’Union nationale des syndicats de sages-femmes (UNSSF), se réjouit elle de cette nouvelle mission. Président de l’Ordre des médecins, le Dr Michel Legmann se dit favorable à la délégation des tâches. Masi, selon lui, si ce mouvement est en marche, deux difficultés peuvent ralentir ce processus : celle de la formation des professionnels de santé qui sont appelés à effectuer des tâches jusqu’alors dévolues aux médecins et celui de la responsabilité en cas de problème.

Le Quotidien du Médecin (Cyrille Dupuis, J.D.) 11/03/09

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