Le taureau sans cornes qui vaut ”des millions”

Publié le 22 Avr, 2005

Le taureau Palladin est né sans cornes après 10 ans de recherche génétique dans les laboratoires de France Embryons.
Dans les élevages, les coups de cornes entre animaux posent un certain nombre de "désagréments" si bien que 80 % des éleveurs écornent leurs animaux. Jusqu’à maintenant, les taureaux sans cornes étaient issus de croisements entre vaches et taureaux nés sans cornes par "erreur". Le résultat n’était pas toujours fiable. Ainsi, l’utilisation du sperme de Palladin pour féconder des vaches devrait permettre aux éleveurs de faire naître à tous les coups des veaux écornés.

L‘Union nationale des coopératives agricoles d’élevage et d’insémination animale (Unceia), espère beaucoup de la vente des paillettes de sperme de Palladin qui devrait dépasser celle du taureau Jocko Besné réputé pour ses "aptitudes bouchères". Plus d’un million de doses avaient alors été vendues. La demande pour les animaux de terroir européen est très forte. Ainsi, en 2004, France Embryons a exporté plus de 700 vaches charolaises de la République Tchèque au Mexique et plus de 80 000 doses de sperme charolais ont été vendues dans 36 pays.

Palladin SC, pour sans cornes, en plus d’être écorné semble être une "bête de concours" avec un "rendement en carcasse" exceptionnel et de grandes "aptitudes bouchères". Également, sa semence utilisée sur certaines lignées de vaches garantirait la naissance de vaches au bassin élargi qui vêleraient donc plus facilement. Palladin SC est inscrit à l’index, registre international qui classe les animaux en fonction de leurs caractéristiques génétiques, ce qui lui confère une grande valeur marchande. Début mars, Echo, un charolais né d’une mère sans corne en Haute Loire, a été vendu au Canada à 31 440 euros.

Selon Maurice Barbezant, président de l’Unceia, "la France, depuis l’après guerre, possède l’un des systèmes d’amélioration des races et de sélection des animaux les plus efficaces au monde". Pour autant, le recours à l’insémination artificielle et à la sélection génétique ne fait pas l’unanimité des éleveurs qui revendiquent la qualité de la méthode traditionnelle.

Par ailleurs, une vache sans cornes est-elle toujours une vache ? Maurice Barbezant explique qu’il n’y a pas de modification du génome de la vache par intervention extérieure puisqu’il n’est pas encore décrypté et que la technique est "balbutiante". Il rappelle que des spécialistes de l’éthique assistent les chercheurs de l’Inra (Institut national de recherche agronomique) pour "savoir à quelle condition on a le droit de modifier le génome d’un bovin pour l’industrie pharmaceutique, par exemple".

Libération (Muriel Gremillet) 22/04/05

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