Le cerveau, un organe sexué ?

Publié le 21 Mar, 2022

« Hommes et femmes ont une même humanité, des inclinations et aptitudes communes », mais « les neurosciences montrent que l’homme et la femme ont chacun un cerveau spécifiquement doté du potentiel nécessaire à leur sexe », explique le Dr René Ecochard, professeur à l’université Claude-Bernard et auteur de Homme, femme, ce que nous disent les neurosciences. Un article scientifique publié en 2019 recense « 123 différences psychologiques significatives entre hommes et femmes »[1].

L’évolution du cerveau

Parmi ces différences certaines sont innées. « Les fondations du cerveau masculin ou féminin se construisent avant la naissance et pendant la mini-puberté, qui dure jusqu’aux 6 mois du garçon et aux 2 ans de la fille », précise le médecin. Puis, « l’enfance est comparable à un stage pratique pendant lequel l’enfant développe ce qui est inné en lui ».

Ensuite, « vient ce que les neurosciences appellent la “deuxième douzaine“, qui comporte la puberté, puis la poursuite de l’adolescence et enfin vers 22 ans l’émergence de l’âge adulte ». Lors de cette dernière période, « le cerveau, en particulier le lobe frontal, est le siège de grandes transformations rendant plus apte à prendre des décisions donnant une place équilibrée entre raison et émotions » (cf. Genre, IVG, santé : protéger l’enfant).

L’importance des hormones

« Cette deuxième douzaine, qui se termine vers 22-24 ans, est fortement marquée par les hormones, testostérone chez l’homme, estrogène chez la femme, qui poursuivent la sexuation du cerveau », pointe le Dr Ecochard.

« La testostérone de l’homme dans la force de l’âge est 40% plus élevée le matin, poussant l’homme à aller de l’avant, indique le médecin. Cette même hormone est moins élevée pendant les 6 premiers mois qui suivent la naissance de son enfant. L’homme est ainsi plus enclin à passer plus de temps au foyer. »

Les risques de la pilule

« Les hormones naturelles de la jeune fille, à partir de la puberté, féminisent tout autant son cerveau que son corps », souligne le professeur. L’administration d’estrogènes aux jeunes filles qui en manquent [2] « permet cette féminisation ».

La pilule contraceptive est principalement à base de progestatifs qui « empêchent la sécrétion naturelle des estrogènes, privant ainsi la jeune fille du support nécessaire à la poursuite de la sexuation de son cerveau et à la croissance de sa personnalité ». Et « si les transformations du cerveau de la jeune fille n’ont pas lieu, un remplacement hormonal à l’âge adulte ne pourra pas remplacer le manque », alerte René Ecochard.

 

[1] Archer J. The reality and evolutionary significance of human psychological sex differences. Biol Rev Camb Philos Soc. 2019 Aug;94(4):1381-1415. doi: 10.1111/brv.12507. Epub 2019 Mar 20. PMID: 30892813

[2] Par exemple chez celles qui souffrent du syndrome de Turner. Un syndrome causé par la délétion partielle ou totale de l’un des deux chromosomes X.

Source : Le Figaro, Agathe Lecoulant (18/03/2022)

Partager cet article

Synthèses de presse

IVG : les conclusions d’une étude sur la télémédecine remises en cause
/ IVG-IMG

IVG : les conclusions d’une étude sur la télémédecine remises en cause

Les conclusions d'une étude selon laquelle la télémédecine pour prescrire des pilules abortives est « efficace » sont remises en ...
23_pilule_abortive
/ IVG-IMG

Pologne : le Parlement adopte une loi libéralisant l’accès à la « pilule du lendemain »

La chambre basse du Parlement polonais a adopté une loi autorisant l’accès à la « pilule du lendemain » dès ...
Canada : des soins palliatifs pédiatriques à améliorer au lieu de proposer l’« aide médicale à mourir »
/ Fin de vie

Canada : des soins palliatifs pédiatriques à améliorer au lieu de proposer l’« aide médicale à mourir »

« Trop d'enfants canadiens qui ont besoin de soins palliatifs n'en bénéficient pas, ou n'en bénéficient que dans les dernières semaines ...

Textes officiels

Fiches Pratiques

Bibliographie

Lettres