La Pologne rouvre le débat sur l’avortement

Publié le 22 Sep, 2016

En Pologne, les travaux sur la proposition de loi « Stop à l’avortement » ont débuté jeudi (cf. Pologne : la proposition de loi limitant l’avortement sera débattue jeudi). Joanna Banasiuk a présenté le texte en expliquant que « les exceptions admises par la loi sur l’avortement de 1993 actuellement en vigueur étaient de plus en plus largement interprétées et que le nombre des avortements augmentait ». Par une forte majorité, le Parlement a décidé vendredi matin de poursuivre son examen : le texte a donc été envoyé à la Commission de la Justice et des Droits de l’Homme. « Compte tenu de l’appui social que notre projet à reçu, nous avons bon espoir que le processus législatif pourra être bouclé avant la fin de l’année », a déclaré Karolina Pawlowska de l’Institut Ordo luris, une des associations à l’origine de la l’initiative.

 

Le texte interdit le recours à l‘IVG, sauf en cas de danger pour la vie de la mère ; il pénalise la pratique d’avortement de trois mois à cinq ans de prison, ainsi que l’incitation et l’aide à l’avortement. La mère serait soumise aux mêmes peines, « à moins que le juge ne décide de renoncer à l’application de la peine à son égard ». L’épiscopat polonais, opposé à l’avortement, ne soutient pas cette dernière mesure, considérant que les femmes sont « les deuxièmes victimes de l’IVG ». Mais le texte « semble convenir à la majorité de la société polonaise : selon un sondage de l’institut CBOS réalisé en avril dernier, 76 % des polonais sont favorables à l’avortement si la grossesse présente un risque pour la santé de la mère (…), et moins d’un polonais sur dix est favorable à la libéralisation totale de l’avortement jusqu’à la douzième semaine de grossesse ».

 

En France, le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes, a « condamné cette proposition de loi ‘liberticide et réactionnaire’ » et appelé à « une réaction forte des dirigeants et autorités européennes ».

 

Une proposition inverse, « sauvons les femmes », présentée au même moment au parlement polonais, a pour sa part été rejetée définitivement en première lecture.

 

Enfin, un autre texte visant à interdire la congélation d’embryon humain et limiter le recours à la fécondation in vitro a été envoyé en Commission.

 

La Croix, Magdalena Viatteau (22/09/2016); AFP (22-23/09/2016)

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