Jean-Claude Guillebaud : le clonage et le  »principe d’humanité »

Publié le : 21 janvier 2003

A propos des naissances de bébés clonés annoncées par la secte des raéliens, Jean-Claude Guillebaud, auteur de l’ouvrage "Le Principe d’Humanité", se dit scandalisé "par la façon irresponsable et infantile dont les médias ont relayé cette information". Il rejette l’argument de ceux qui ne savent s’il faut interdire le clonage au motif qu’il serait inéluctable. A cela il répond que la société en édictant un interdit "ne prétend pas élever un mur infranchissable, mais souhaite simplement se donner un repère fondamental".
Le clonage est un crime contre l’humanité car "il induit une reproduction latérale, qui brouille l’enchaînement normal des générations". Pour lui, le clonage n’est rien d’autre qu’un inceste absolu. Ce qui fait le propre de la procréation, c’est que l’on a besoin d’un autre que soi pour se perpétuer. En court-circuitant ce principe, le clonage transforme donc le futur enfant en un moyen, en un projet égoïste.

Jean-Claude Guillebaud revient sur son livre "Le Principe d’Humanité" (cf. bulletin Gènéthique n°21) dans lequel il montre comment la science est devenue une véritable idéologie et par conséquent pourquoi ceux qui n’y adhèrent pas sans réserve sont taxés de technophobes ou d’obscurantistes. Il rappelle que ce n’est pas à la science de décider de notre société de demain car "elle n’a pas les moyens de définir des normes, des projets, des valeurs. Elle attend des hommes, de la démocratie, qu’on lui dise quelles sont les limites à ne pas dépasser, ce qui est bien ou mal". 

Enfin, sur la capacité de notre société à aborder les problèmes de bioéthique, Jean-Claude Guillebaud montre que nous n’avons pas encore forgé les concepts capables de les penser. En particulier, il explique que nous sortons d’une longue période d’amnésie concernant l’eugénisme, qui était l’idéologie commune des scientifiques jusqu’au milieu des années 30. Depuis lors, les références et les arguments qui permettraient d’exercer tout esprit critique ont été effacés.

"L‘humanité de l’homme n’est ni un constat vérifiable, ni le résultat d’une recherche, ni un héritage, c’est un projet culturel et civilisationnel". Ce n’est donc pas à la science de dire quelles sont les limites de l’humanité.

La Libre Belgique (Pascal André) 21/01/03

Partager cet article

Synthèse de presse

Chronique audio

Textes officiels

ressources

Fiches pratiques

Bibliographies

S'abonner aux lettres