IVG : « Je suis très attachée à la liberté des individus de faire des choix mais, pour moi, elle s’arrête là où commence la vie des autres »

Publié le : 10 décembre 2020

Magdalena Blenska est architecte, ancienne députée et vice-présidente du parti polonais Porozumienie. La jeune femme de 37 ans est favorable à la décision du Tribunal constitutionnel qui a déclaré que le recours à l’avortement en cas de « malformation du fœtus » n’est pas conforme à la constitution (cf. Pologne : l’avortement eugénique n’est pas conforme à la constitution).

« La loi actuelle a été votée il y a 27 ans et, depuis, la médecine a réalisé d’incroyables progrès, certaines maladies graves sont bien mieux soignées, explique-t-elle. Une malformation cardiaque peut par exemple être opérée aujourd’hui chez le nouveau-né. » Elle suggère que soit créé un « conseil scientifique et éthique » pour éviter les avortements eugéniques. En effet, Magdalena Blenska ne « voit pas pourquoi [les anomalies génétiques] seraient un critère d’éligibilité à l’avortement, si la vie de la mère ou de l’enfant n’est pas en jeu ». « Je suis très attachée à la liberté des individus de faire des choix mais, pour moi, elle s’arrête là où commence la vie des autres, et cela dès le tout début » (cf. Avortement : le Parlement européen blâme la Pologne).

Le président de la République, Andrzej Duda « vient de déposer un projet de loi » sur le sujet. D’après l’ancienne députée, les amendements risquent d’être nombreux. « Ce genre de loi est très difficile à écrire, car la distinction qui sera établie entre les maladies létales et non létales est de plus en plus difficile à cerner. »

Contre la criminalisation de l’avortement et l’arrêt des tests prénataux – « nous voulons que les enfants puissent être soignés à temps », explique-t-elle -, elle ne s’oppose pas à la liberté des femmes. « Personne ne demande [aux femmes d’être mères contre leur gré], affirme-t-elle. Une femme qui ne peut ou qui ne veut pas élever son enfant a la possibilité de le confier à une institution ». En Pologne, il existe 67 « fenêtres de vie », des « lucarnes ouvrables depuis l’extérieur, donnant accès à un sas chauffé et ventilé » (cf. Babybox en République tchèque). Une alarme permet d’alerter des « religieuses infirmières » qui préviennent une ambulance pour emmener le nouveau-né à l’hôpital. Ce système est « contesté par les Nations unies » qui considèrent que « l’abandon anonyme d’un bébé constitue une violation de la convention des droits de l’enfant ».

Source : La Croix, Jean-Baptiste François (10/12/2020)

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