IVG en Irlande : un déploiement moins rapide que prévu

Publié le 14 Jan, 2019

Le déploiement des services IVG peine à se faire en Irlande, faute de médecins volontaires, et faute de formation des médecins. Votée en décembre dernier suite au référendum de mai 2018, la loi dépénalisant l’IVG est entrée en vigueur le 1er janvier 2019.

 

Seuls les médecins volontaires réalisent des avortements, ils doivent s’inscrire sur une liste. Or ils sont à peine 200 à s’être inscrits, soit environ 5% des médecins généralistes du pays. « Les scrupules éthiques, les doutes quant à l’état de préparation clinique et la peur des manifestations ont dissuadé les autres ». Dans quatre comtés, aucun médecin ne s’est porté volontaire. Ils sont nombreux à refuser le principe même de l’avortement, jugeant insuffisant le droit à l’objection de conscience qui leur a été laissé[1] : « personne ne devrait être contraint, contre sa conscience, de participer à un avortement ou de renvoyer des patients à d’autres pour un avortement », a déclaré Mgr Eamon Martin, archevêque d’Armagh en Irlande du Nord et président de la conférence des évêques irlandais. « Je ne ferai jamais rien qui puisse conduire intentionnellement à la mort d’un de mes patients, qu’il s’agisse d’un bébé in utéro ou de n’importe qui d’autre, personne âgée ou malade », a déclaré quant à lui le Dr Andrew O’Regan, basé à Kerry, « le bien-être des patients qui sont devant moi est plus important qu’une loi très très corrompue ».

 

D’autres médecins sont freinés par l’absence totale d’« informations, conseils et formation adéquats », conséquence immédiate d’un déploiement trop rapide. « Nous n’avons aucune expérience, des formations ni en premier cycle ni en post-doctorat », explique Sarah Fitzgibbon, médecin généraliste à Cork, justifiant pourquoi elle ne s’est pas inscrite pour réaliser les IVG, « c’est comme un processus médical tout nouveau dont nous ne nous sommes encore jamais vraiment préoccupés ».

 

Quelques manifestations ont été organisées, comme à Galway ou à Drogheda, mais l’archevêque de Dublin, Diarmuid Martin, a recommandé aux manifestants de  « faire preuve de prudence », jugeant qu’il fallait surtout se « concentrer sur l’information des gens et l’aide aux femmes en difficulté ».

 

Voir aussi :

IVG en Irlande : le Président signe la loi, l’Ordre des médecins modifie en urgence son code de déontologie

Irlande : après les médecins, les infirmières et les sages-femmes refusent de pratiquer l’avortement

L’accès à l’avortement accéléré en Irlande

85 % des médecins irlandais estiment que l’avortement ne peut pas être considéré comme une « pratique générale de routine »

 


[1] IVG en Irlande : une objection de conscience limitée

Guardian, Rory Carrol (11/01/2019)

Aleteia, Zelda Caldwell (11/01/2019)

Partager cet article

[supsystic-social-sharing id='1']

Synthèses de presse

istock-513987873
/ Fin de vie

Trisomie 21 et Covid : six fois plus de probabilité de ne pas être réanimé

Une étude indique qu’une personne porteuse de trisomie 21 et atteinte de Covid lors de l’épidémie avait six fois plus ...
Etats-Unis : la pandémie de Covid à l’origine de l’augmentation des dysphories de genre ?
/ Genre

Etats-Unis : la pandémie de Covid à l’origine de l’augmentation des dysphories de genre ?

Selon un rapport, le nombre de demandes de prise en charge pour des questions liées à l’« identité de genre » chez ...
Pilule
/ IVG-IMG

Pilule abortive : la Cour suprême américaine lève les restrictions

Les juges de la Cour suprême ont estimé que les plaignants, des associations de médecins ou des praticiens opposés à ...

Textes officiels

Fiches Pratiques

Bibliographie

Lettres