Italie : alimentation et hydratation dans la loi sur la fin de vie

Publié le : 10 mars 2011

La Chambre des députés italienne a examiné, lundi 7 mars 2011, un projet de loi sur la fin de vie, déjà approuvé par le Sénat de la République.

Le texte, controversé, prévoit l’obligation d’alimenter et d’hydrater le patient, alimentation et hydratation constituant non des "thérapies" mais "un soutien vital" pour la personne. Elles ne peuvent être arrêtées à moins de n’être "plus efficaces ni adaptées aux conditions de vie du patient". Par ailleurs, le projet précise que le médecin, en vertu de l’alliance thérapeutique qu’il passe avec le patient, n’est pas obligé de suivre la déclaration anticipée de traitement (DAT) établie par celui-ci : son devoir est au contraire de l’évaluer "en conscience sur la base de ses connaissances". En cas de conflit entre le médecin et la personne de confiance, nommée par la DAT, la décision est renvoyée à un collège de médecins, qui n’a pas de fonction contraignante.

L’opposition désapprouve ce texte et a l’intention d’évoquer l’inconstitutionnalité du projet :  "Cette loi est anticonstitutionnelle parce que la libre-volonté est un droit pour tous dans les pays civilisés. Etre obligé de suivre un traitement non voulu est contre la loi", a déclaré le sénateur Umberto Veronesi, du principal parti d’opposition.

L’Association des médecins catholiques d’Italie a au contraire réaffirmé son soutien au projet de loi. Dans un communiqué, elle rappelle que lorsque l’alimentation et l’hydratation sont utiles, proportionnées et en adéquation avec les conditions cliniques, elles constituent un acte de "soutien vital" : "lorsqu’elles sont interrompues [elles] deviennent une cause directe de la mort, se substituant à la maladie".

Les médecins soulignent également que "dans la réalité concrète de la profession médicale", "le risque d’abandon est plus présent que celui de l’acharnement thérapeutique" : "des sources hautement scientifiques et les normes juridiques qui interdisent fermement le recours à l’acharnement thérapeutique" le confirment.

Ils affirment enfin que "les DAT ne sauraient constituer un ‘testament’ contraignant pour le médecin soignant qui, attentif à la relation humaine qui le lie à son patient, aura toujours à cœur de respecter cette ‘alliance thérapeutique’, fondement même de la profession médicale, en tenant compte, en vertu des responsabilités qui lui reviennent, de la volonté exprimée par le patient ou par son fiduciaire" (personne de confiance).

Une fois approuvé par la Chambre, le texte devra retourner au Sénat. Le vote final est prévu pour début avril.

Romandie News 07/03/11 – Zenit 07/03/11

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