Insémination avec donneur : vers une levée de l’anonymat

Publié le 24 Nov, 2008

L‘Agence de la biomédecine, sous la tutelle du ministère de la Santé lance aujourd’hui une campagne d’information et de recrutement sur le don de spermatozoïdes.

Rappelons que la loi française repose sur le principe de l’anonymat. Les parents et le donneur ne se connaissent pas et ne se connaîtront jamais. Les enfants ne connaissent donc pas leur père biologique. Tel est le cas pour Justine, 27 ans, Arthur, 25 ans et Audrey, 19 ans, ces trois frère et sœurs chacun conçu grâce à un don de sperme mais d’un donneur différent. Dans le quotidien Libération, ils racontent pourquoi ils souffrent de ne rien savoir de leurs géniteurs.

"Personne ne s’est demandé comment les enfants issus d’un don allaient le vivre", dénonce Justine. "Quand on dit aux médecins "vous êtes-vous préoccupés des enfants?" Ils répondent chiffres et statistiques, on n’est pas entendus", explique Arthur. Ce dernier a d’ailleurs écrit un livre "Né de spermatozoïde inconnu" (cf. Synthèse de presse du 03/04/08) dans lequel il raconte la souffrance engendrée à la suite de ce mode de conception.

Le plus pénible pour cette fratrie est de penser que l’information sur leurs donneurs existe, qu’elle est rangée quelque part dans un Centre d’étude et de conservation des œufs et du sperme humain (Cecos). Ils adhérent tous les trois à l’association Procréation médicalement anonyme (PMA) dont Arthur est devenu un porte parole et dont le but est de créer un organisme indépendant qui conserverait l’identité des donneurs. A 18 ans, un enfant issu d’une insémination avec donneur (IAD) pourrait avoir accès à ces données.

Quatorze pays ont déjà modifié leur législation et levé l’anonymat sur les dons de gamètes. Les députés français viennent d’évoquer cette possibilité : "demandée par les enfants issus d’insémination avec donneur" ceci est "une revendication légitime au regard du droit à connaître ses origines".

Par ailleurs, le journal La Croix a recueilli l’avis de Marie-Christine Le Boursicot, ancienne secrétaire générale du Conseil national d’accès aux origines personnelles (2002 – 2007) sur le secret de l’accouchement. Elle explique qu’à la lumière de ses expériences, elle souhaite aujourd’hui la réversibilité du secret de l’accouchement et ce dans tous les cas. "Il faut éviter l’anonymat, qui n’est que la conséquence du secret, sans remettre en cause celui-ci". Pour elle, il faut convaincre les femme "des bienfaits du dispositif pour elle comme pour l’enfant, à la fois lors de la naissance et pour l’avenir." Marie-Christine Le Boursicot avait déjà proposé aux candidats à l’Elysée d’organiser un secret réversible, proposition qui, à l’époque, avait été accueilli favorablement.

Libération (Charlotte Rotman) 24/11/08 – La Croix 24/11/08

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