IA : détecter une pathologie grâce à la voix ?

Publié le 22 Avr, 2024

L’étude Colive Voice, portée par le Deep Digital Phenotyping, une unité de recherche dédiée à la santé digitale et rattachée au Luxembourg Institute of Health, vise à comprendre comment certaines maladies peuvent avoir une influence sur nos intonations et le placement de notre voix (cf. Intelligence artificielle : 10 secondes pour dépister le diabète). En mettant en œuvre l’intelligence artificielle, il s’agirait de détecter, « de façon précoce », un certain nombre de pathologies, comme les maladies cardio-vasculaires, les maladies mentales, le diabète, la maladie d’Alzheimer ou encore certains types de cancer.

« Quand on appelle ses parents au téléphone, ils n’ont pas besoin de beaucoup de temps pour détecter dans notre voix s’il y a de la fatigue ou des symptômes dépressifs. Ce sont des choses qui se ressentent et que l’on essaie d’objectiver avec cette étude, en identifiant les caractéristiques vocales qui sont les plus prédictives d’un état de santé », explique le Dr Guy Fagherazzi, impliqué dans cette étude.

« Donner » sa voix

Les chercheurs espèrent recueillir un maximum d’échantillons vocaux, de personnes en bonne santé ou atteintes de diverses maladies. Ils ont déjà pu recueillir « environ 7000 échantillons de voix » issus de tous les continents. Les volontaires peuvent simplement enregistrer leur voix directement sur le site internet de l’étude.

« Nous avons besoin d’un très grand nombre d’échantillons, pour prendre en compte la diversité des profils des individus et les facteurs qui peuvent jouer sur la voix, comme la langue, l’âge, le sexe ou les accents », explique le Dr Fagherazzi.

Identifier des « biomarqueurs vocaux »

En mettant en œuvre une intelligence artificielle, les scientifiques vont essayer d’analyser « 6000 caractéristiques vocales différentes ». « Ce qu’on recherche, c’est une combinaison de caractéristiques vocales très subtiles, liée à un symptôme ou à une pathologie et qui pourra être détectée pour établir un dépistage ou un diagnostic  ».

Ces « biomarqueurs vocaux » sont définis comme « une signature, une caractéristique ou une combinaison de caractéristiques du signal audio vocal associée à un résultat clinique », qui peuvent être utilisés « pour suivre les patients, pour diagnostiquer ou évaluer la gravité d’une maladie ou pour le développement de médicaments ».

A l’avenir, ces biomarqueurs pourraient être détectés via des applications pour smartphone par exemple, de façon à dépister ou suivre l’évolution de certaines pathologies comme le diabète.

L’étude Colive Voice devrait entrer dans la phase des essais cliniques « dès cette année ».

 

Source : JIM, Raphaël Lichten (19/04/2024) – Photo : Jorge Guillen de Pixabay

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