Hausse parallèle et continue de l’avortement et de la contraception en France

Publié le 31 Oct, 2006

Nombre record d’IVG en 2004

Une récente étude de la DREES (1) indique que le nombre d’avortements ne cesse d’augmenter en France, pour atteindre 210 664 en 2004 (dernière année recensée), soit une hausse régulière de 1,8% par an depuis 1995. La part des IVG médicamenteuses continue de croître (elles représentent 42% en 2004, 38% en 2003) et surtout le nombre d’avortements chez les mineures est en constante augmentation depuis 1990 et atteint 11 500 en 2004, soit une jeune fille de 15-17 ans sur cent.

 

De la contraception à l’IVG

 

En parallèle, les méthodes contraceptives sont largement utilisées. 71% des personnes concernées y ont recours, 68% des 15-19 ans déclarent prendre la pilule et 56% recourir aux préservatifs. En outre, la « contraception d’urgence » s’est très fortement développée depuis 1999, date à laquelle elle est devenue accessible en pharmacie sans prescription médicale. Depuis 2000, elle peut être distribuée par les infirmières scolaires ; et depuis 2002, elle est gratuite en pharmacie pour les mineures. Plus d’un million de comprimés de Norlevo ont été vendus en 2005, soit six fois plus qu’en 1999 ; mais dans 7,5% des cas, la prise d’une « contraception d’urgence » n’a pas suffi à éviter une grossesse. Rappelons que selon la période du cycle féminin où elle est prise, soit elle empêche que la fécondation ne se réalise et a un effet contraceptif, soit, comme certains le pensent, elle agit en empêchant la nidation de l’embryon déjà conçu et a alors un effet abortif.

La hausse du nombre d’IVG ne semble donc pas s’expliquer par une moindre utilisation des contraceptifs, bien au contraire. Et  une étude de l’Inserm, De la contraception à l’avortement, sociologie des grossesses non prévues (2), le confirme en indiquant que ¾ des grossesses non prévues sont interrompues par une IVG.

Il est donc illusoire de croire que la contraception comme la “pilule du lendemain” peut endiguer l’avortement ; bien au contraire, cette étude confirme que le développement d’une mentalité contraceptive conduit à toujours plus d’avortements.

 

 

1. Les IVG en 2004, DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques), Ministère de la santé, Etudes et résultats n°522, sept. 2006

 

2. De la contraception à l’avortement, sociologie des grossesses non prévues, Questions en santé publique, N. Bajos, M. Ferrand et équipe GINE, Inserm, 2002

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