Greffe d’utérus: des avancées françaises

Publié le : 18 décembre 2012

 Pour la seconde fois en France, des chirurgiens du CHU de Limoges en Haute-Vienne « ont prélevé un utérus sur une femme en état de mort encéphalique« . Déjà, en septembre 2012, une équipe suédoise était parvenue à réaliser les premières greffes au monde d’utérus (Cf Synthèse de presse Gènéthique du 19/09/12) en recourant à des donneuses vivantes. 
Mais « à la différence des Suédois, l’équipe française exclut […] de prélever sur des donneuses vivantes« . En effet, pour le Dr Pascal Pivert spécialiste de l’infertilité et à l’origine de ce prélèvement, « il y a toujours un risque, et comme il s’agit d’une greffe d’un organe non vital, il ne nous apparaissait pas utile de faire courir ce risque aux donneuses« .
Après avoir réalisé des essais chez l’animal, le Dr Pivert et son équipe souhaitent savoir si cela est possible avec une donneuse en état de mort encéphalique. Afin, de réaliser leur étude, ils se sont alors posés diverses questions comme celles du moment du prélèvement ou encore du temps de survie de l’organe. Pour lui, il est évident que l’utérus doit être prélevé après les autres organes tels que le coeur, les poumons, les reins. Ensuite, se pose la question de savoir sur quelles types de patientes une greffe d’utérus peut être effectuée. A ce titre, il précise que l’ « on s’orienterait plutôt vers des anomalies congénitales » ou « des hystérectomies liées à des cancers pas trop graves, car il y a toujours un risque que le cancer redémarre« . Enfin, le Dr Tristant Gauthier, un jeune praticien hospitalier spécialisé en chirurgie gynécologique explique que « ce sont des greffons temporaires puisque destinés à être retirés après la grossesse » [ndlr: habituellement, ne sont greffés que des organes vitaux en raison du traitement anti-rejet imposé à vie par la greffe]. 

Concrètement, le premier prélèvement d’utérus par l’équipe du Dr Pivert a eu lieu en octobre et « selon le protocole, six sont ainsi prévus ». Enfin, les deux médecins expliquent que l’ « on saura si on arrive à une naissance » dans les cinq prochaines années.

 

<p> Libération (Eric favereau) 18/12/12</p>

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