« Fusionner la biologie et l’IA » avec des réseaux de neurones biologiques

Publié le 25 Juil, 2023

Une équipe de chercheurs de l’University College London et de l’université de Monash en Australie vient d’obtenir une subvention de 600 000 dollars de l’Office of National Intelligence australien[1] pour étudier les moyens de « fusionner les cellules du cerveau humain avec l’intelligence artificielle » (IA) (cf. Des puces informatiques composées de neurones humains).

En collaboration avec la start-up Cortical Labs, basée à Melbourne, l’équipe a déjà démontré qu’un groupe d’environ 800 000 cellules cérébrales dans une boîte de Pétri est capable de jouer au jeu « Pong ».

« Nous utiliserons cette subvention pour développer de meilleures machines d’intelligence artificielle qui reproduisent la capacité d’apprentissage de ces réseaux neuronaux biologiques », a déclaré Adeel Razi, professeur associé à l’université Monash et directeur de cette recherche. « Cela nous aidera à augmenter les capacités du matériel et des méthodes jusqu’à ce qu’ils deviennent un substitut viable à l’informatique basée sur le silicium ».

Permettre à une IA d’« apprendre tout au long de sa vie »

L’idée de base est de « fusionner la biologie et l’IA », ce qui pourrait définir « de nouvelles frontières pour la technologie d’apprentissage automatique ». Les applications sont diverses : voitures ou drones autonomes, robots de livraison, interfaces cerveau-machine, découverte de médicaments.

« Cette nouvelle technologie pourrait à l’avenir dépasser les performances du matériel existant purement basé sur le silicium », estime Adeel Razi. Selon le chercheur cette technologie pourrait donner à une intelligence artificielle la faculté d’« apprendre tout au long de sa vie », comme les cellules du cerveau humain. Ce qui lui permettrait d’acquérir de nouvelles compétences sans perdre les anciennes, et d’appliquer les connaissances existantes à de nouvelles tâches.

« Doter les neurones de sensations »

Pour cette étude, ils ont développé le système DishBrain où des cellules cérébrales sont cultivées dans une boîte de Petri. « L’aspect magnifique et novateur de ce travail consiste à doter les neurones de sensations : la rétroaction », comme l’a déclaré en octobre dernier l’un des chercheurs du « projet Pong », le neuroscientifique Karl Friston de l’University College London.

« Fait remarquable, les cultures ont appris à rendre leur monde plus prévisible en agissant sur lui », affirme-t-il. « C’est remarquable parce qu’il est impossible d’enseigner ce type d’auto-organisation, tout simplement parce que, contrairement à un animal de compagnie, ces mini-cerveaux n’ont pas le sens de la récompense et de la punition », explique le chercheur.

En tant que chef de projet, Adeel Razi estime que le secteur de la sécurité nationale australien a plébiscité son projet d’« interface cellules cérébrales-ordinateur » parce qu’il en voit le potentiel « dans de nombreux domaines où l’IA traditionnelle échoue ou est trop lente à progresser ».

 

[1] Dans le cadre du programme National Intelligence and Security Discovery Research Grants (NISDRG), l’Office of National Intelligence et le National Security Science and Technology Centre du ministère de la défense australien accordent chaque année des subventions à hauteur 18 millions de dollars. Chaque subvention s’élève de 400 000 à 600 000 dollars. La subvention a été accordée pour 3 ans.

Sources : Daily mail, Matthew Phelan (24/07/2023) ; Futurism, Victor Tangermann (23/07/2023)

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