« France 2 nous a présenté un Walt Disney de la GPA »

Publié le 14 Fév, 2022

Mercredi 9 février, France 2 proposait une « soirée spéciale GPA » : la diffusion d’un documentaire et d’un débat, en plus d’un téléfilm intitulé « Qu’est-ce qu’elle a ma famille ? ». Une fiction qui « entend faire bouger les lignes et dédiaboliser le sujet de la GPA, à l’instar du livre du même nom de Marc-Olivier Fogiel ».

« Un choix politique clair » de France Télévisions

Pour la journaliste Céline Revel-Dumas, auteur de GPA Le Grand Bluff, « France Télévisions a fait un choix politique clair : rendre la GPA acceptable auprès du public en vue d’une légalisation en France ». Une pratique passible aujourd’hui de 7 500 € d’amende et six mois d’emprisonnement.

Une décision qui interroge Patrice Obert, Président des Poissons Roses : « Comment comprendre que cette soirée puisse être programmée sans provoquer un tollé dans l’opinion publique, ni une intervention du CSA ? ». « Depuis plusieurs années déjà, le groupe audiovisuel public multiplie émissions de témoignages, reportages et documentaires qui laissent apparaître la pratique sous son meilleur jour », rappelle Céline Revel-Dumas (cf. GPA dans les médias : le coup de gueule !).

Ainsi, « aux frais du contribuable, des contenus biaisés, ne montrant qu’une part infime d’une pratique violente sont servis sans prévention aux téléspectateurs en vue de les persuader que la GPA peut être altruiste, juste et vertueuse », dénonce la journaliste. « France 2 nous a présenté un Walt Disney de la GPA ».

Une présentation biaisée

« Aucun psychologue ni professionnel de l’enfance n’a été invité pour évoquer les bouleversements considérables que peut provoquer une séparation d’avec la mère dès la naissance ou même le besoin pour l’enfant de connaître ses origines », pointe Céline Revel-Dumas.

Et les risques pour la femme n’ont pas non plus été évoqués. Pourtant une étude révèle que « 11,6 % des donneuses d’ovocytes sont hospitalisées en raison d’un syndrome d’hyperstimulation ovarien à la suite d’un don d’ovocytes », indique la journaliste. Et une autre, « menée aux Pays-Bas, qui rapporte le suivi de 63 GPA, conclut à un risque accru d’hémorragies du post-partum et d’hypertension artérielle lors de telles grossesses ».

Un marché à « six milliards de dollars par an »

« Dès lors que cette pratique est autorisée, rien n’empêche un marché parallèle de se développer », certifie l’essayiste. « C’est ce qui se passe actuellement au Canada ou au Royaume-Uni, pays dans lesquels la GPA est prétendument “éthique” : les femmes sont rémunérées sous le manteau. Ces rémunérations illégales sont si récurrentes que les deux pays tentent tant bien que mal de légiférer. »

Car « la légalisation n’est pas un rempart contre les dérives que la GPA entraîne, mais une grande porte ouverte », assure Céline Revel-Dumas. Une porte ouverte à un marché « estimé à six milliards de dollars par an, [qui] repose exclusivement sur l’appareil procréatif de ces femmes ».

Des GPA en France ?

A Nice, une femme est « soupçonnée d’avoir touché 15 000 euros pour porter un enfant, destiné à un couple stérile ». La maternité ayant donné l’alerte, la police a découvert que « la mère porteuse a déjà vendu pour 20 000 euros un précédent bébé à un couple de l’Est de la France ».

Les deux couples « sont poursuivis pour “simulation ayant entraîné une atteinte à l’état civil d’un enfant” et “provocation à l’abandon d’enfant” ». Le procès est attendu pour le mois de septembre.

« Ne nous y trompons pas : la GPA est un drame, et sa banalisation, un crime », affirme Céline Revel-Dumas.

 

Sources : Marianne, Etienne Campion (09/02/2022) ; Le Figaro, Aziliz Le Corre (11/02/2022) ; La Croix, Céline Revel-Dumas (11/02/2022) ; La Croix, Patrice Obert (10/02/2022) ; La Dépêche (11/02/2022) – Photo : renateko de Pixabay

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