France : 1ères naissances à partir d’ovocytes congelés

Publié le : 4 novembre 2010

Les premiers enfants nés après congélation d’ovocytes en France sont nés le 2 novembre 2010 à l’hôpital Antoine Béclère de Clamart (Hauts-de-Seine), dans le service du Pr René Frydman. Les bébés, des jumeaux de 3,2 kg et 2,8 kg, se portent bien, ainsi que leur maman. Le Pr René Frydman a obtenu ces naissances par l’utilisation d’une « technique de congélation lente » des ovocytes.

Dans le monde, plus d’un millier d’enfants sont déjà  nés après une cryoconservation d’ovocytes. Ces deux premières naissances françaises interviennent en plein débat sur la révision de la loi de bioéthique, alors que la question de la vitrification de l’ovocyte (congélation ultra-rapide) est très discutée (cf. Synthèse de presse du 28/10/10).

Le Pr René Frydman explique que la loi française « autorise, dans des conditions de risque de perte de fertilité pas bien définies, à préserver des ovocytes par congélation, mais pas avec la méthode la plus performante (la vitrification, ou congélation ultra-rapide) sous prétexte que toute innovation est assimilée à de la recherche sur l’embryon ». Il estime donc que cette technique fait, en France, l’objet d’un « blocage ». Pour lui, les naissances de Jérémie et Keren sont un moyen de « contourner » ce blocage : en effet, quoique légales puisqu’utilisant la méthode de congélation lente, elles lui permettent « de secouer le cocotier » à l’approche de la prochaine révision de la loi afin « d’éclaircir une situation législative qui n’est pas claire ». « Si j’avais voulu braver la loi, j’aurais carrément eu recours à la vitrification », a-t-il déclaré.

Alors que le prix Nobel de médecine a été décerné au britannique Robert Edwards, père de la fécondation in vitro, René Frydman estime qu' »il y a urgence à promouvoir les innovations afin d’augmenter les taux de succès de l’assistance médicale à la procréation ». Pour le Dr Jean-Michel Dreyfus, vice-président du syndicat des gynécologues-obstétriciens de France (Syngof) : « Sur le fond, c’est légitime de pouvoir pratiquer cette technique en France. Il n’y a pas d’avancée scientifique sans franchir de barrières ». Certains mettent pourtant en avant les risques de dérives qu’impliquerait l’autorisation de cette technique.

<p>Le Figaro (Sandrine Cabut) 04/11/10 - Le Parisien.fr 03/11/10 - lci.tf1.fr 03/11/10 - Libération 04/11/10</p>

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