Fondation Bill Gates et finacement de l’OMS : un problème de principe

Publié le 24 Juin, 2020

Si l’Organisation mondiale de la santé (OMS) n’appartient pas à Bill Gates comme la rumeur le laisserait entendre, il n’en reste pas moins que le poids de la Fondation Gates y est bien majeur. Et permet au milliardaire de financer, au sein de l’organisation, les programmes de son choix.

 

La Fondation Gates est « l’acteur non étatique le plus puissant de la planète » et elle intervient particulièrement dans le domaine de la santé. En 2018, sa dotation financière avoisine les 46,8 milliards de dollars soit plus que le PIB de « la Côte d’ivoire, de la Jordanie ou encore de l’Islande ». 194 millions de dollars ont été versés à l’OMS en 2019.

 

Dans le budget biennal de l’OMS, la Fondation Bill et Melinda Gates est le deuxième plus important contributeur. Avec le gel des financements américains, elle est en passe de devenir le premier. « La « galaxie » de la fondation Gates représente moins de 25 % du budget total de l’organisation ». Si elle n’est pas majoritaire, « son poids reste considérable ».

 

« Cette philanthropie massive ne va pas sans poser de problèmes de principe ».

 

Lionel Astruc, auteur de l’enquête L’Art de la fausse générosité. La Fondation Bill & Melinda Gates (Actes Sud, 2019) « accuse le milliardaire d’avoir acquis un poids critique qui lui permet de peser en faveur de certaines de ses convictions, comme l’agriculture OGM ou la vaccination massive, au détriment de remèdes naturels ». Il déplore que certains engagements de la Fondation influence les choix de santé et « relègue au second plan la nécessaire lutte » contre certaines maladies, tout en en privilégiant d’autres.

 

Le groupe international d’experts indépendants sur les systèmes alimentaires durables (IPES-Food) dénonce le « financement des programmes de lutte contre la famine et la malnutrition qui passent par des modèles d’industrialisation destructeurs pour l’environnement ».

 

Cette influence massive est aussi le révélateur du « désinvestissement des Etats eux-mêmes, dans un contexte de crise du multilatéralisme ».

 

Pour aller plus loin :

Le Monde, WIlliam Audureau et Assma Maad (23/06/2020)

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