Faut-il rembourser les dons d’organe ?

Publié le : 30 décembre 2015

En novembre 2015 dans l’American Journal of Transplantation, un groupe de chercheurs a publié une proposition pour un programme financé par le gouvernement qui offrirait 45 000 $ à des donneurs vivants de rein. « Ils ont calculé qu’une telle approche ne viserait pas seulement à remplir la liste d’attente ensemble, mais à économiser une somme exorbitante de 46 milliards $ par année – un montant qui a attiré l’attention d’une poignée d’économistes. » Francis L. Delmonico, professeur Harvard Medical School de la chirurgie à l’Hôpital général du Massachusetts et Alexander M. Capron, professeur à l’Université de Californie du Sud, reviennent sur cette proposition.

 

Partant du constat que « les transplantations d’organes ont étendu et amélioré la vie de plus d’un million de patients au cours des 60 dernières années », ils regrettent que la hausse du taux de maladie rénale ait introduit une pénurie d’organes. Ce qui a développé un véritable trafic d’organes international au détriment des plus pauvres : « Au cours des dernières décennies, des milliers d’organes ont été achetés à des démunis dans le monde entier, pour l’élite sociale de leurs propres pays ou pour des « touristes de la transplantation » des autres nations. »

 

Sur le plan politique, « cette pénurie d’organes a également conduit à des propositions visant à lever l’interdiction du paiement » qui fait partie de la législation américaine relative au don d’organes depuis 1984. » Cependant, pour ces professeurs, permettre « l’achat d’organes serait faux. En plus d’être mauvais, il serait nuisible aux programmes de dons existants, qui sont volontaires, et il serait inefficace dans l’augmentation de l’offre d’organes. »

 

Cependant, les deux professeurs reconnaissent qu’« au cours de la récente récession, le taux de dons de rein a diminué aux États- Unis parce que certains donateurs potentiels ne pouvaient pas se permettre de supporter les frais liés au don d’organe. » Ils considèrent que puisque la législation internationale n’interdit pas le fait de rembourser les frais raisonnables et vérifiables liés au don d’organe, il est possible, pour le gouvernement américain, de rembourser une partie de ses frais. Cependant, ils rappellent que le remboursement est lié à une couverture des coûts sur la base du revenu du bénéficiaire ainsi que sur celui du donateur. Or pour eux, « Le traitement des coûts financiers ne devrait pas dépendre de la richesse du donateur, et encore moins celle du bénéficiaire. »

<p><em>The Washington Post</em> (29/12/2015)</p>

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