F. Hollande veut une « procédure » pour encadrer les demandes de « mort dans la dignité »

Publié le : 19 mars 2012

Le 15 mars 2012, lors d’une interview télévisée sur France 2,  le candidat socialiste aux élections présidentielles François Hollande a évoqué sa position sur la fin de vie (Cf. Synthèse de presse du 27/01/12). Alors que sur cette question, les propos du candidat ont parfois été jugés fluctuants, François Hollande a précisé sa position en affirmant sa volonté de mettre en place une "procédure" permettant d’encadrer la "mort dans la dignité". "Je ne prends pas le mot d’euthanasie, car cela laisse penser qu’il serait accepté une forme de suicide", a-t-il déclaré, avant d’évoquer la loi Leonetti. Il estime que celle-ci est utile mais qu’ "il y a un manque considérable sur les soins palliatifs" qui doivent être davantage développés "aussi bien à l’hôpital qu’à domicile".

François Hollande a ensuite évoqué le cas d’une personne en fin de vie qui demanderait à mourir : "vous avez le cas d’une personne dans une extrême souffrance qu’on ne peut pas apaiser, et qui demande, qui réitère, de pouvoir terminer sa vie dans la dignité, on peut pas écarter cette demande". Selon le candidat, 7000 à 8000 euthanasies seraient aujourd’hui pratiquées de façon cachée. Il a alors fait la proposition suivante : "il faudra une procédure : quand une personne demande, parce qu’elle n’en peut plus, quand sa famille appuie cette demande, qu’elle est réitérée, que quatre médecins se sont eux-mêmes prononcés, alors il sera possible d’en terminer avec cette souffrance".
François Hollande a conclu qu’il ne s’agit pas par là de "dépénaliser mais d’encadrer cette mort dans la dignité". 

Le Dr Bernard Devalois, ancien président de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (Sfap) et chef du service de médecine palliative de l’hôpital de Pontoise, a salué la volonté de François Hollande d’augmenter le nombre de lits de soins palliatifs mais a déploré le fait qu’il ait cité le chiffre de "7000 à 8000 euthanasies" effectuées en France chaque année. Ces chiffres sont ceux que l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD) met en avant alors que cela "ne repose sur aucune étude sérieuse". Pour le Dr Devalois, le fait que des euthanasies clandestines puissent exister ne justifie aucunement une légalisation des pratiques euthanasiques ; le cas de la Belgique montre justement que la légalisation ne met pas un terme à ces pratiques clandestines. Une loi sur l’euthanasie n’est pas "la solution pour ces personnes en extrême souffrance qu’il évoque. Ces situations rares, dans la quasi-totalité des cas, peuvent être gérées avec la loi Leonetti", explique le Dr. Devalois. Enfin, il considère que cette volonté de reconnaître un droit de demander une injection létale en fin de vie revient à consacrer "la prééminence de la liberté individuelle sur l’organisation de la société", ce qui est selon lui contraire "aux valeurs progressistes et de solidarité défendues par la gauche".

La Croix (Pierre Bienvault) 19/03/12 - La-Croix.com 16/03/12 - Europe1.fr 15/03/12 - Liberation.fr (Eric Favereau) 16/03/12 - Le Figaro.fr (Jean-Marc Leclerc) 16/03/12 - Parisdepeches.fr (Jennifer Declémy) 18/03/12

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