États-Unis : prématurité des nouveaux-nés et mortalité

Publié le 4 Oct, 2006

Un rapport des centres fédéraux de contrôle et de prévention des maladies (CDC) vient d’annoncer que plus de 500 000 enfants naissent prématurés chaque année aux États-Unis. Ce chiffre a augmenté de 30 % en 25 ans. Par ailleurs, un tiers des décès de nouveaux-nés dans le pays est lié à ces naissances prématurées. Ce rapport se base sur une étude de 2002, étude reprise par le journal spécialisé américain Pediatrics. Les chiffres les plus alertants concernent la Californie et la Géorgie. "Il y a un besoin urgent d’empêcher des naissances prématurées pour réduire la mortalité infantile aux États-Unis", a déclaré Joann Petrini, directrice du Centre des statistiques périnatales de l’organisation charitable américaine March of Dimes.

Françoise Vendittelli, praticien hospitalier au CHU de Clermont-Ferrand et conseillère scientifique auprès de l’Association des utilisateurs de dossiers informatisés en périnatalogie, obstétrique et gynécologie (Audipog) associe en partie cette hausse des naissances prématurées au refus de G. Bush de donner des subventions aux associations qui militent pour le droit à l’avortement. Elle relève aussi que "ces décès de nouveaux-nés liés à des naissances prématurées sont malheureusement en hausse dans les pays occidentaux (…)" Cela s’explique par la politique de "l’enfant à tout prix (…), l’avancée des techniques médicales, les stimulations artificielles d’ovulation parfois dangereuses puisqu’elles sont faites n’importe comment".

Le docteur Françoise Vendittelli reconnaît que l’on sauve plus d’enfants qu’autrefois lorsque les femmes accouchent avant terme mais prévient des excès de la prise en charge des grands prématurés: "comme le montre l’étude américaine, près de 95% de décès des prématurés sont intervenus à moins de 32 semaines de grossesse, ce qui correspond à la définition de "grand prématuré". Selon ce même rapport américain, une naissance à moins de 37 semaines de gestation est à l’origine de plus d’un tiers des décès d’enfants avant la fin de leur première année.

Le rapport conclut : "Si l’on comprend que les parents et les médecins souhaitent bien évidemment que les prématurés survivent, on ne parle cependant pas assez des séquelles des prématurés." En effet, l’étude souligne le fait que les prématurés qui survivent, doivent faire face, pour le reste de leur vie, à des risques accrus de retard mental, de maladies pulmonaires chroniques, de perte de la vision et de l’ouïe ainsi que d’autres problèmes de développement.

La Croix (Julia Ficatier) 04/10/06

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