« Est-il légitime sur un plan éthique, de poursuivre les greffes de mains et de visage ? »

Publié le : 16 mars 2018

« Est-il légitime sur un plan éthique, de poursuivre les greffes de main et de visage ? ». Autorisées en France où elles ont fait l’objet de premières mondiales en 1998 à Lyon pour les mains et en 2005 à Amiens pour le visage, ces greffes demeurent très encadrées.

 

Non vitales, elles supposent des « traitements lourds » qui ne sont pas « sans conséquences » : en effet, « en raison d’un problème de rejet chronique, certains patients ne garderont pas à vie ces mains et ce visage que leur a donnés la médecine ». Ce fut le cas du premier greffé des deux mains qui ne parvenait pas à suivre son traitement anti-rejet.

 

Quel bénéfice-risque pour des greffes qui ne sont pas vitales et pour lesquelles des solutions alternatives existent qui donnent certes « de moins bons résultats que la greffe » ? A propos de la greffe de visage, le Comité d’éthique notait en 2004 que « pour améliorer la qualité de vie du patient, on commence par la détériorer. Peut-on en connaissance de cause proposer au patient une perspective thérapeutique qui allégera son handicap, mais le rendra malade alors qu’il ne l’était pas ? ».

 

Combien de temps les patients garderont-ils les organes greffés ? Victime de nécroses, un transplanté de la face vient de recevoir une seconde greffe (cf. Après le rejet de sa première greffe, un homme reçoit un second visage et Deuxième greffe totale du visage après un rejet : le patient suit une rééducation « fastidieuse »). Le rejet est une constante parmi les patients, une nouvelle greffe n’est pas toujours possible : à ce jour, aucun des patients ayant rejeté leur greffe de main n’a été retranplanté.

 

Quel impact sur leur espérance de vie ? Parmi les 37 greffés de face, six sont décédés.

 

Pour le professeur Bernard Devauchelle, chirurgien au CHU d’Amiens qui a pratiqué 3 greffes de face, « ce sont des questions qu’il est légitime de se poser ».

 

Pour aller plus loin : Aux cours des journées de l’ABM, greffes de mains, greffes d’utérus : un état des lieux

<p>La Croix, Pierre Bienvault (16/03/2018)</p>

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