Embryons mosaïques : le DPI face à ses limites ?

Publié le 26 Jan, 2021

Le 12 janvier 2021, la session 46 de l’International IVF Initiative a porté sur le thème « Mon embryon mosaïque ». Elle a rassemblé plus de 500 participants issus de 78 pays. Au cours d’un cycle de fécondation in vitro (FIV), le diagnostic préimplantatoire de l’aneuploïdie (DPI-A) peut être proposé pour « sélectionner les embryons ayant un nombre correct de chromosomes (euploïdes) ». Le prétexte : un embryon euploïde aurait « plus de chances de donner naissance à un enfant en bonne santé » qu’un embryon aneuploïde (cf. Avoir des cellules aneuploïdes : un état fréquent chez l’embryon en phase précoce et DPI : une intelligence artificielle pour trier les embryons ?)

Cependant, selon les données de la HFEA[1] britannique, « il n’existe actuellement aucune preuve évidente d’une amélioration des taux de naissance vivante ». Le sujet fait l’objet de débats. Une controverse également alimentée par les embryons diagnostiqués comme étant mosaïques, c’est-à-dire avec « différentes proportions de cellules aneuploïdes et euploïdes dans les échantillons de cinq à sept cellules prélevés lors de la biopsie de l’embryon ».

Pour le Dr Jacques Cohen, embryologiste à l’ART Institute of Washington, il existe une « fatigue du DPI-A ». Un terme qu’il utilise pour décrire « l’anxiété des professionnels travaillant dans ce domaine face à la décision de proposer un DPI-A ». Avec l’augmentation de la sensibilité des tests, on fait face à « une augmentation des diagnostics de mosaïcisme » explique-t-il. « L’incidence du mosaïcisme varie entre 4 et 24 % selon les études » d’après le professeur Semra Kahraman, directrice de l’hôpital d’Istanbul, du centre d’Assistance médicale à la procréation et de génétique reproductive en Turquie. En mars 2020, elle avait rédigé un rapport sur « le premier mosaïcisme fœtal identifié chez un bébé en bonne santé (2 % de monosomie 2) après le transfert d’un embryon connu pour son mosaïcisme (35 % de monosomie 2) ». « Dans le monde entier, le diagnostic prénatal a montré l’appauvrissement du mosaïcisme chez les embryons déclarés comme mosaïques au moment du transfert » (cf. Le mosaïcisme dévoile les failles du diagnostic préimplantatoire).

Autant d’éléments qui peuvent entraîner « une incertitude quant à la classification des embryons, sans compter le fait de ne pas savoir si les cellules biopsiées sont représentatives de l’embryon entier » estime le Dr Cohen. Ainsi, dans le monde entier, « les embryons mosaïques sont désormais systématiquement transférés dans le cadre des traitements par FIV ».

Source : BioNews, Dr Valerie Shaikly (25/01/2021)

[1] Human Fertilisation and Embryology Authority

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