DPN : Diminution des interruptions de grossesse pour deux syndromes

Publié le : 29 juin 2016

Une étude française vient d’être publiée au sujet de l’ « impact du développement des centres de dépistage prénatal sur le nombre d’interruption médicales de grossesses survenues à la suite d’un diagnostic de syndrome 47, XXX ou XXY ».

 

Ces deux syndromes sont des aneuploïdies des chromosomes sexuels, et représentent 25% de toutes les anomalies chromosomiques détectées par amniocentèse. Ils sont la plupart du temps des « découvertes fortuites », c’est-à-dire que l’amniocentèse menant à leur découverte était réalisées « dans le but d’exclure une trisomie 21 ». L’incidence de ces anomalies est de 1/000 naissances de filles pour le syndrome 47, XXX et de 1/1000 naissances de garçon pour le syndrome 47, XYY. Ces anomalies chromosomiques n’entrainent pas, « le plus souvent », de « problèmes graves de développement », mais elles peuvent provoquer « un risque d’infertilité »,  un « retard de développement psychomoteur (…) avec des possibles difficultés d’adaptation psychosociale et un QI médian inférieur », mais le QI moyen « est dans les normes ».

 

Les centres pluridisciplinaires de diagnostic prénatal (CPDPN) ont été mis en place à partir de 1998. Ils sont au nombre de 44, et reçoivent les couples dont l’enfant semble présenter un handicap ou une malformation. L’IMG peut être pratiquée jusqu’au neuvième mois de la grossesse. La loi précise simplement que deux médecins doivent attester de l’existence d’ « une forte probabilité que l’enfant à naître soit atteint d’une affection d’une particulière gravité, reconnue comme incurable au moment du diagnostic ». Toutefois, si les médecins refusent de pratiquer l’IMG demandée, le couple peut se tourner vers un autre CPDPN.

 

L’étude de Gruchy et al recense « 291 diagnostics de syndrome 47, XXX et 175 cas de syndrome 47, XYY entre 1976 et 2012 ». Le nombre d’interruption de grossesse après l’annonce « chute considérablement après 1997, c’est-à-dire après la mise en place de centres multidisciplinaires de diagnostic prénatal » analysent les auteurs. Il passe de 41,1% en 1976 à 11,8% en 2012 pour les filles et de 25,8% à 6,7% pour les garçons. La « même réduction des demandes d’interruption de grossesse a été constatée pour d’autres anomalies, le syndrome de Klinefelter ou le syndrome de Turner ».

 

Pour les auteurs, « ces données suggèrent que l’information des parents, délivrée par les centres de diagnostic prénatal et basée sur des études réalisées au long cours, a sans doute changé dans leur façon d’appréhender la maladie ».

 

Note de Gènéthique :

Le diagnostic prénatal de la trisomie 21 mène pour sa part dans 97% des cas à une interruption de grossesse.

La société fait preuve d’une profonde méconnaissance et d’un rejet radical de ce handicap.

cf. Se battre contre l’avortement : Le témoignage de parents d’enfants atteints de trisomie 21

    Trisomie 21 et Préjugés

    A l’hôpital américain de Paris « 100% des trisomiques sont dépistés »

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<p>Journal International de Médecine, Dr Roseline Peluchon (29/06/2016)</p>

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