Don d’organes : moins de transplantations en 2019 ?

Publié le 15 Jan, 2020

En France, une enquête réalisée par France Transplant, rendue publique le 14 janvier, montre que si le nombre de malades en attente de greffe est en constante augmentation, le nombre de transplantations stagne. Déjà en 2018, le nombre de greffes « après 8 ans de hausses » a reculé avec, selon les chiffres de l’Agence de la biomédecine (ABM), 5805 greffes d’organes dont « 561 à partir de donneurs vivants ». 2019, devrait confirmer le repli. Si les analystes expliquent la perte de 2018 par « l’épisode grippal », pour la Cour des comptes : « La chaîne de la greffe connaît des fragilités »;

 

Si le nombre de greffes a doublé en 25 ans, « le nombre des patients inscrits sur la liste d’attente a été multiplié par quatre » sur la même période. Par ailleurs, le déficit d’organes collectés se doublerait d’ « effectifs des médecins, chirurgiens, anesthésistes-réanimateurs insuffisants, tout comme ceux des infirmiers et autres soignants, des moyens financiers » insuffisants… « Certains avancent en outre une perte de motivation ».

 

Bien que la loi ait entériné le principe du consentement présumé au prélèvement d’organes, dans les faits « les équipes s’entretiennent au préalable avec la famille du donneur ». A ce sujet, le professeur Jean-Louis Touraine estime que les équipes devraient être mieux formées, insistant sur le « bénéfice du don d’abord sur le plan humain, mais aussi sur le plan économique ».

 

Les chiffres officiels de l’ABM devraient être publiés en février prochain mais certains sont d’ores et déjà avancés : 3639 greffes de rein auraient été réalisées en 2019, contre 3782 en 2017, avec une baisse des donneurs vivants, de 537 en 2018 à 508 en 2019.

 

L’Association de patients Renaloo plaide pour des « états-généraux de la greffe ».

 

Mise à jour 17/01/2020

Dans un communiqué de presse publié le 16 janvier, l’Agence de la biomédecine indique que : « Après 8 années de forte hausse, l’activité de greffe avait baissé pour la première fois en 2018. Grâce à l’effort collectif de l’ensemble des acteurs de la chaine du prélèvement à la greffe, l’Agence de la biomédecine est en mesure aujourd’hui d’annoncer une hausse de l’activité en 2019 ».

 

Le Monde, Pascale Santi (15/01/2020) – Hospimédia, Jérôme Robillard (14/01/2020)

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